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13.02.2007

Caraman "Si nous faisions port, l'anse serait pleine"

La "régularité" des pontons d’accueil et des soupçons de pollutions font régulièrement surface depuis 2001


« Vous savez, nous sommes approchés tous les jours pour louer des places, et même plusieurs fois par jour à la belle saison. Si nous y répondions favorablement, tous nos appontements seraient occupés. Ce n’est pas le cas… » Quelque peu échaudés par des rumeurs sur l’illégalité des appontements qu’ils utilisent dans l’anse de Caraman, qui baigne le parc aquatechnique, Guillaume Chirié, gérant de Navibois et Christian Berthier, patron de Cap Horn, montent au créneau. Autorisations d’occupation temporaire (AOT) du domaine public maritime en mains. Il a en effet maintes fois été reproché aux dites entreprises d’avoir créé un véritable "petit port" sans que l’administration n’en ait réellement la maîtrise. Port pouvant lui-même générer des pollutions, certaines embarcations ayant été suspectées de servir de résidences à leurs propriétaires…


Installés respectivement depuis 3 et 6 ans, les deux chefs d’entreprises expliquent, documents en mains, que le parc aquatechnique compte « quatre chantiers à avoir obtenu de la préfecture des AOT valables 5 ans ». Autorisations permettant à chacun - moyennant redevance aux services fiscaux - d’occuper une zone de mouillage de 347 m2, l’ensemble des chantiers bénéficiant ainsi de trois pontons et demi, de 35 m linéaires chacun. En ce début février, seule une douzaine de navires est amarrée en attente de soins. « Quand tout est "blindé", ce sont 50 places tout au plus », assure Guillaume Chirié. « Pensez bien que si nous "faisions port", ce serait plein. »


Navibois se consacre à « tout ce qui a rapport avec le bois sur les bateaux » ainsi qu’au stationnement, à terre, de grosses unités. L’activité de Cap Horn concerne, elle, l’électronique de navigation. Et c’est le profil même de cette "zone technique" qui, selon ceux qui l’animent, modère les risques de pollution. « Le stationnement à terre ne s’adresse pas aux petits plaisanciers désireux de caréner leur bateau, explique Guillaume Chirié. Nous ne sommes pas équipés pour les mises à terre / mises à l’eau. Pour mettre un bateau à terre, nous faisons appel à une société de levage dont les engins sont capables de lever les gros multicoques que nous accueillons. » Et d’assurer que le petit plaisancier trouvera son bonheur à meilleur prix dans un port équipé d’une grue, d’une pente… L’impact des peintures antifouling sur le milieu, à Caraman, se trouverait ainsi d’autant plus réduit que le site se distingue plus pour l’envergure des bateaux qu’il accueille que pour leur nombre. « Quant aux clients qui vivent quelques jours sur leur bateau, nous leur demandons de ne pas utiliser leurs douches et leurs WC. Il y en a à leur disposition à terre… »


Le profil type du client, pour Navibois en tout cas ? Les propriétaires de bateaux de grande plaisance qui nécessitent une intervention technique de 3 000 heures environ. « Nous ne pourrions travailler si les propriétaires restaient dessus, assure Guillaume Chirié. Et puis, nous sommes des "voileux", comme nos clients. Le milieu naturel, nous le respectons.»


Quant à l’AOT : « L’administration fait bien les choses, confient-ils. Nous sommes contrôlés de façon inopinée. Des agents mesurent les pontons, font des photos pour s’assurer que nous respectons le cahier des charges. » Et de conclure, à l’attention des conchyliculteurs et pêcheurs de Thau : « Nous voulons être dans les meilleurs termes possibles avec les autres professionnels du bassin, nous ne faisons rien de mal. Nous aimerions les rencontrer pour qu’ils le constatent de visu.»


Patrice CASTAN

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