23.03.2007
Bande des trois milles : coup de filet, coup de colère
«Les affaires maritimes ont fait leur travail, mais on aimerait que les sanctions suivent. » Marc Baux, vice-président du comité régional des pêches délégué aux petits-métiers résumait ainsi, hier, le sentiment de ses collègues. Plus de 20 d’entre-eux - de Valras, d’Agde, de Palavas, mais aussi locaux - étaient venus à Sète réagir à une intervention de la vedette des affaires maritimes qui, mercredi, a permis de verbaliser six chalutiers en infraction dans la zone des trois milles, du côté de Valras. Des chalutiers localisés par le Sémaphore de Sète pour avoir désactivé leurs balises et dès lors suspectés de chaluter dans la zone réservée aux petits-métiers. Cas de figure confirmé par les "PV" dressés sur place par les affaires maritimes.
Pas franchement une nouveauté, donc. Sauf que si les petits-métiers concèdent que « ces délinquants représentent une infime minorité des patrons de chaluts », ils déplorent aussi avoir affaire à des multirécidivistes. Pas franchement impressionnés par les sanctions, donc. Elles peuvent, pourtant, être lourdes puisque le chalutier contrevenant peut voir sa licence suspendue et donc être bloqué à quai plusieurs semaines. On imagine le manque à gagner. Et ce n’est pas tout. « Comme tout délit, explique Jean-Luc Vaslin, directeur adjoint des affaires maritimes, il est passible d’une convocation devant le tribunal correctionnel et une amende pouvant atteindre 21 000 € ! »
Un "arsenal" a priori dissuasif qui ne suffit apparemment pas à remettre les contrevenants dans le droit chemin. D’où la colère des petits-métiers dont le gagne pain, tant du côté de la ressource - des dorades traînent actuellement "en plage" - que des engins de pêche, pâtit régulièrement de la voracité de certains. « En un an, je me suis fait enlever 45 filets !, assurait hier un patron pêcheur, on m’en a remboursé 20, quand le chalutier en cause était encore sur zone. Pour le reste… » « Nous sommes de petites entreprises, ajoutait un autre. Et outre la valeur du matériel perdu - 1 500 € le trémail, 400 € la ligne à pots - le manque à gagner, c’est le temps que nous perdons à tout remonter. Il faut sanctionner les chalutiers récidivistes, et pas avec des amendes à 1 000 €. Ça les fait rigoler… »
Patrice CASTAN
14:55 Publié dans Pêche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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