11.05.2007
Un artiste malien explore la traite négrière
Jusqu’au 15 mai prochain, l’association sétoise Vent d’Afrique propose, salle Peschot, une exposition de tableaux en batiks (peintures sur tissu) réalisés par B.Brahim, un jeune artiste malien installé au Burkina Faso.
La trentaine d’œuvres exposées, comme la sélection de textes qui les accompagne, traitent toutes d’un sujet particulièrement d’actualité, la date du 10 mai ayant été choisie - depuis 2006 - pour commémorer la traite négrière, l’esclavage et leur abolition. Une exposition soutenue par l’historien Pascal Blanchard, président de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique.
Des textes de Montesquieu, Martin Luther-King, Aimé Césaire ou encore l’ancien président du Ghana, Kwame N’Krumah, accompagnent des toiles assez torturées qui jouent avec habileté des contrastes entre les noirs et les ocres. Et qui reflètent finalement assez bien les conséquences sur l’Afrique entière de l’effrayant Code Noir promulgué par Louis XIV en 1685, « réglementant l’esclavage des noirs ».
Un code devenu caduque après la Révolution française mais dont les applications concrètes furent réactivées par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle. Pour mémoire, la traite négrière ne fut définitivement abolie qu’en 1848. Officiellement en tout cas… A noter, parmi les "perles" à extraire des textes accompagnant les œuvres de B. Brahim, salle Peschot, cette sombre sentence du Roi Soleil : « Déclarons les esclaves être meubles et donc se partager entre les cohéritiers. » Ben voyons… l
Patrice CASTAN
Tous les jours de 17 à 20 h.
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