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02.08.2007

Port : "Je n'ai pas de temps à perdre avec M. Mateu"

Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon


Où en la reprise par la Région du port de Sète et des négociations avec la CCI ?


Le 1er juillet 2007, nous avons communiqué à M. Mateu, président de la CCI, un protocole de partenariat qui s’inscrivait dans un calendrier très strict. Ce processus déclinait les conditions et phases nécessaires pour parvenir, d’ici novembre 2008, à la création d’une société portuaire détentrice d’une délégation de service public d’une durée de 40 ans pour gérer le port. Et autoriser, à partir de janvier 2009, l’entrée de tiers privés dans le capital de la société portuaire.

Qu’en est-il exactement ?

La première phase devait s’achever le 31 juillet, par la signature d’un protocole d’accord créateur de droits et d’obligations entre la Région et la CCI. Avec, en parallèle, une promesse irrévocable de cession de parts au profit de la Région. L’équivalent à la mise en œuvre d’un véritable pacte d’actionnaire. Malgré des relances et de démarches tous azimuts, j’ai ressenti que le président de la CCI n’était pas dans une posture très positive. Je tiens d’ailleurs à remercier M. Commeinhes pour ses interventions auprès du président Mateu. Face à cette situation, lors de la session du conseil régional du 19 juillet, j’ai inscrit une délibération m’autorisant à envisager toutes autres solutions juridiques me permettant de gérer seul le port dès le 1er janvier 2008, à la fin de la concession de la CCI.
Dans l’hypothèse aujourd’hui probable d’un échec des négociations, ces solutions n’avaient pas mes faveurs, parce qu’elles auront un coût social et parce qu’elles entraîneront rapidement la disparition de la CCI.


Pourquoi les négociations avec la CCI sont-elles si délicates ?


Les négociations ont lieu. Mais elles sont difficiles pour des raisons que j’ai du mal à m’expliquer. La Région a exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir la CCI de Sète, acteur local économique, intégrée dans la nouvelle structure juridique d’une société portuaire. Depuis le 1er juillet, la Région a sollicité plusieurs réunions ou contacts avec la CCI et son président. Devant la fuite permanente de M. Mateu, nous en avons appelé à M. Commeinhes. Finalement, le 16 juillet, avec M. Mateu, M. Commeinhes et M. Cougnenc, directeur général des services de la Région, nous avons obtenu une réunion. Nous avions adressé un projet de protocole d’accord montrant la volonté de la Région de négocier. En réponse, le président Mateu nous adresse une analyse juridique inadaptée et inconséquente. Je considère que c’est une mesure dilatoire qui joue contre la CCI de Sète, contre le port de Sète et contre la ville de Sète. Je n’ai pas de temps à perdre. Les emplois, l’activité économique n’attendent pas le bon vouloir de M.Mateu. Le train avance et ceux qui refusent de monter aujourd’hui ne feront pas le voyage avec la Région.


Selon vous, la CCI n’a plus les moyens de gérer la concession portuaire. Pourquoi ?


La CCI de Sète a un budget de 16 M€ dont 13 M€ proviennent de la gestion des trois concessions : commerce, pêche et plaisance. Les résultats générés sont insuffisants au regard du chiffre d’affaires et des investissements nécessaires pour remettre à niveau les installations portuaires et développer l’activité économique du port. Au cas où la CCI n’adhérerait pas à l’hypothèse de la société portuaire envisagée par la Région, elle ne pourrait plus, faute de remplir les critères nécessaires, continuer à exister, en qualité de chambre consulaire avec un budget réduit à 3M€.

François CHARCELLAY

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