02.08.2007
Port : Mateu veut 33% de la société et deux concessions
Michel Mateu, président de la CCI Sète-Frontignan-Mèze
Pourquoi les choses bloquent-elles avec la Région ?
Je tiens à préciser que l’idée de la société portuaire est venue de la CCI de Sète. Au départ, la Région s’y est opposée. Par ailleurs, la CCI a rencontré Jean-Claude Festor (Ndlr, directeur général adjoint de la Région en charge de l'aménagement du territoire) qui est quelqu’un de professionnel et d’intègre. Quand un protocole d’accord a été proposé par la Région, je ne l’ai pas accepté parce qu’il était en dehors des clous au niveau de la loi et j’ai fait une contre-proposition à Georges Frêche.
Une contre-proposition que Georges Frêche juge inacceptable…
Je ne vois pas pour quelles raisons il dit ça. Dans le cadre d’une société portuaire, je souhaite conserver le pôle passager Maroc, Tunisie, Algérie. Je ne veux pas signer avec M. Frêche et Costa un super méga-truc. Je veux conserver ce qui a été mis en route depuis deux ans, grâce au travail qui a été accompli. Pour faire partie de la société portuaire, il faut avoir des ressources. Si je n’ai pas de ressources, si la Chambre de commerce n’a plus vocation à avoir des concessions à gérer, je vois par pourquoi la CCI entrerait dans une société portuaire. Pour regarder les autres faire ? Et payer ? Dans ce cas, je dis non. Pour payer, il faut avoir des revenus. Et pour avoir des revenus, j’ai souhaité conserver deux concessions : les passagers et la plaisance.
Pour quelles raisons ?
Quand nous sommes arrivés il y avait 130 000 passagers. Nous en sommes actuellement à 260 000 et nous pouvons monter à 600 000. Quant à la concession plaisance, là aussi j’ai des projets. Et Georges Frêche a également un dossier sur ce sujet. Avec ces deux concessions, je peux entrer dans une société portuaire puisque, de fait, j’ai les moyens de pouvoir financer.
Vous laisseriez à la Région la partie commerce…
Et toute la partie pêche. Je ne demande rien. Je demande juste deux sous-concessions minuscules. Le container, le vrac, les gros chantiers du port, je les laisse à la Région. Je n’ai pas changé d’avis depuis que j’ai rencontré M. Frêche.
Seriez-vous prêt à accepter de n’avoir que 10 % des parts et 90 % à la Région si elle vous octroie les sous-concessions ?
Non, là non plus je ne suis pas d’accord. Quand vous êtes coactionnaire à 10 % dans une entreprise, vous payez et vous la fermez. Alors qu’à 33 %, vous avez ce qu’on appelle une minorité de blocage. Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez réagir.
Donc vous voulez 33 % ?
Ce serait un minimum. Sinon qu’il fasse cette société, mais sans moi. Je ne suis pas jaloux. C’est que j’ai dit à M. Frêche. Cela veut dire que fin décembre, début janvier 2008, la Région reprend tout et je regarde faire.
Ce n’est pas un peu dommage ?
Vous pensez que c’est mieux d’être dans une société portuaire, assis à la droite ou à la gauche de Tartempion et de ne pas pouvoir dire ce que l’on pense. A 10 %, vous n’avez rien. Par contre, s’il y a un quai qui s’effondre, il faudra payer 10 %. Et je vais payer avec quoi si je n’ai pas de revenus ? J’estime aussi que la CCI, qui est impliquée dans la zone portuaire depuis plus de 100 ans, peut exprimer son ressenti. Je fais cela dans un but constructif. Si ce n’est pas accepté, les élus bénévoles rentreront dans leurs entreprises qui marchent très bien.
Aujourd’hui, c’est statu quo ?
Tout à fait. Je le répète, si la Région est d’accord, on avance. Sinon, nous ne sommes pas jaloux, ils prennent tout.
François CHARCELLAY
11:30 Publié dans Port | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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