07.08.2007
Port : "Pour signer, la CCI a jusqu'au mois d'octobre"
Jean-Baptiste Giordano est vice-président de la Région, délégué aux ports
Comment réagissez-vous à la situation de blocage actuel, entre la CCI et la Région, sur la future gouvernance du port de Sète ?
J’ai bien lu les différentes interventions dans Midi Libre depuis une semaine. Je dois dire d’abord que François Commeinhes me paraît assez gêné dans cette affaire.
Je pense que l’amitié, voire la complaisance qu’il entretient avec le président de la CCI, ne lui permet pas d’avoir une approche objective.
Dans le cadre de ses fonctions de maire et de président de l’agglo, il a oublié qu’il avait en charge le développement économique et, à ce titre, que le port fait partie intégrante de notre économie locale.
Mais la CCI n’a-t-elle pas raison de refuser de participer si elle n’a pas son mot à dire ?
J’ai été choqué par les propos du président de la CCI. Est-ce qu’il accepterait, dans sa propre entreprise, qu’un salarié sans le sou puisse détenir 33 % de sa société ?
Michel Mateu nous demande de payer pour qu’il puisse tirer profit de la tirelire. Au jour d’aujourd’hui, la CCI est en incapacité de paiement. La preuve : elle n’arrive pas à poser la première pierre du futur pôle passagers dont elle a la maîtrise d’ouvrage et, depuis 2001, le trafic du port a baissé de près d’1 million de tonnes.
Pourquoi la Région tient-elle tant à cette société portuaire ?
Nous pensons aux salariés de la CCI.
Si la CCI n’est plus dans le coup, elle perdra l’essentiel de ses recettes et ne pourra plus subvenir à l’avenir de ses 106 salariés. Sur le port, tous m’ont fait part de leur inquiétude. Regardez ce port : il y a un matériel obsolète. Le souci de la Région est d’investir ensemble avec la CCI, et rapidement, dans l’outillage et les infrastructures. Mais la clé de la réalisation de la société portuaire est dans la volonté du président de la CCI. Or, jusqu’ici, il a plutôt pris la voie juridique. Il décortique les lignes du protocole de la Région alors qu’il est en incapacité financière.
Aucune provision n’a été faite pour renouveler le matériel portuaire. Où est la stratégie de la CCI sur ce port ? Songez que la Région a fait voter une subvention pour le rachat d’un portique à conteneurs et que, jusqu’ici, la CCI n’a pas donné de suite.
Est-il question d’un délai supplémentaire accordé à la CCI pour revenir à de meilleurs sentiments ?
Sans la CCI, la société portuaire ne se fera pas et il est vrai que nous avons encore le temps de discuter avec son président. S’il le souhaite, la CCI aura toujours sa place mais aux conditions fixées par la Région. On peut se donner encore quelques semaines. Mais nous n’avons pas peur de l’échec de la société portuaire.
Nous avons également ouvert une autre voie car nous avons une très grande ambition pour ce port qui doit sortir du fonctionnement actuel.
Quel est le nouveau calendrier de la Région ?
Nous n’attendrons pas éternellement. Il faut signer rapidement pour, ensuite, faire entrer des armateurs. Si, au mois d’octobre, nous n’avons pas signé avec la CCI, nous partirons sur une autre organisation à laquelle nous réfléchissons, probablement avec un établissement public gestionnaire du port.
Jean-Pierre SOUCHE
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