Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


21.09.2007

Port : Le ferry pour l'Algérie est resté bloqué à quai, hier

La première rotation du "Corse", navire de la SNCM, avait eu lieu le 13 septembre


Pierre L’Huillier, le capitaine du Corse (145 m de long, rénové pour 3 M€ à Gênes cet été) ne pensait pas si bien dire, jeudi dernier, en affirmant que « lancer une nouvelle ligne, c’est un grand défi ».


Hier, le ferry de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), après seulement trois rotations vers l’Algérie (Skikda, Béjaïa et Oran), est en effet resté à quai, du fait d’une grève émanant du Syndicat des travailleurs corses (STC). Celui-ci dénonçant, outre la suppression entrevue d’un poste dans la salle des machines, une forte distorsion des rémunérations forfaitaires accordées aux différentes catégories de personnel embarqué.

Un STC bien connu pour sa détermination dont deux délégués, Albert Camarota et Christophe Versini, ont rejoint Sète hier après-midi pour des discussions que l’on imagine assez tendues avec le directeur de flotte de la SNCM.


Contacté hier, Félix Da Grégorio, un responsable bastiais du syndicat, brosse un tableau peu réjouissant des conditions de travail à bord de ce vieux ferry de la SNCM - fabriqué en 1980 -, et notamment en salle des machines : « Sur ce type de navire, ancien, il y a beaucoup de travail côté mécanique, de pièces à changer. Et la direction vient justement de décider de supprimer un des deux postes de "nettoyeurs" – les hommes à tout faire de la salle des machines, Ndlr -, déplore le syndicaliste. C’est une aberration vu la vétusté du ferry. Nos revendications portent aussi sur les forfaits journaliers, qui présentent de forts contrastes : ils sont trois fois moins élevés en salle des machines que sur les ponts (de 12 à 35 € environ). C’est l’une des raisons pour lesquelles le bateau est resté à quai hier. A mon avis, il risque d’y rester longtemps… »


Sur Le Corse, comme sur nombre de navires de cette catégorie, les neuf hommes qui travaillent en salle des machines ont aussi pour mission de régler les problèmes de "petit entretien" : plomberie, serrurerie, bricolage, électricité… « Et sur un tel bateau, ce n’est pas une mince affaire. Je vous assure que les mécaniciens ne dorment pas », assure Félix Da Grégorio.


Qui poursuit : « Pour la SNCM, et donc Véolia, ce serait une histoire de 100 € de plus par jour. Pas plus. Et ils assurent que si nous ne cédons pas, ils fermeront la ligne. Eh bien, qu’ils la ferment. Car nous, quand on y va, on y va… »


Hier au soir, la direction de la SNCM, contactée, n’avait pas encore réagi à ce coup de force du STC.


Du côté du port de Sète, on envisageait à la même heure que le bateau puisse appareiller samedi. Dire que l’ouverture de cette ligne était aussi censée désengorger le port de Marseille… A suivre, donc.


Patrice CASTAN

Commentaires

Tel est pris qui croyez prendre!

Les nouveaux "patrons" du port de sete envisageaient d'exporter la gangrène sociale qui ronge le fonctionnement de notre beau port: gagné ! Marseille leur fait cadeau de la sienne.

Super fort ces Marseillais!
Super nul "le régional", pour gérer un port il faut être un PRO

Écrit par : angelo | 21.09.2007

Les commentaires sont fermés.