23.10.2007
Volley-ball : "Il faut donner sa chance à cette équipe-là"
Patrick Duflos est le manager général de l’Arago qui a perdu trois des cinq premiers matches du championnat de France. Il en reste vingt et un.
On n’est pas habitué à un tel début de saison… ?
C’est décevant, c’est sûr. On n’est pas épargné par les blessures. La saison dernière, on manquait de puissance. En reconstruisant l’équipe à l’intersaison, on a recruté en conséquence. Mais Mistoco s’est blessé (NDLR : souffrant d’une hernie discale et d’une déchirure au mollet, il ne reviendra pas avant janvier) ; et l’Américain Ryan Burrow aussi (blessure aux abdominaux) qui reprendra ce soir pour le prochain match, à Beauvais, certes pas dans le six majeur. Xavier Kapfer, international français, et David Ferguson, international australien, retenus avec leurs équipes nationales, ont démarré la préparation collective avec du retard.
Avec tous ces pépins, l’équipe qui a été renouvelée n’a pas accumulé assez de vécu et de confiance. On a dû faire du bricolage. Il a fallu propulser Edouard Rolandson en réception / attaque alors qu’il était venu pour être le 2e libero…
Votre équipe est jeune… Trop ?
Nous sommes allés à Poitiers avec beaucoup d’espoir. On a pris une claque. Pour plusieurs joueurs de chez nous - Groussiaud et Rolandson ont 19 ans - c’était leur premier match en Pro A, et devant 3 000 personnes. Et quand le passeur doit choisir l’un d’eux à un moment décisif, il a une petite hésitation. C’est humain. Pour autant, ces jeunes nous tiennent la baraque. Le seul moyen de s’en sortir, c’est de bosser dur. Avec les blessures de Junot et de l’Américain, cela nous a obligés à faire jouer trois jeunes sur six joueurs. Forcément, nous sommes limités dans les remplacements.
Êtes-vous confiant pour la suite du championnat ?
Au chapitre des satisfactions, ce groupe est très sain. Contrairement à l’an passé où il y avait des brebis galeuses : quand ils sont revenus des deux mois aux Championnat du Monde avec leur sélection, les deux Portoricains, le passeur (Pérez) et le pointu (Rivera), avaient perdu leur place : normal on était sur une série de quinze victoires d’affilée. Ils se sont retrouvés sur le banc mais ils n’ont rien fait pour reconquérir leur place et ils ont même pourri l’ambiance.
Aujourd’hui, les joueurs travaillent bien. Philippe Salvan, l’entraîneur, apporte beaucoup. Notamment de la discipline et de la rigueur. C’est très structuré ce qu’il fait. On n’est pas encore récompensé de ce travail. Mais ça va payer. On va remonter la pente. Il faut trouver une stabilité émotionnelle.
Pensez-vous à un joker médical ?
Il faut avoir une opportunité pour cela. Il y a aussi le problème financier : cela reviendrait à signer un contrat de plus. C’est délicat. Il nous reste deux matches avant une première trêve. Il faut laisser la chance à cette équipe-là.
Quel est le niveau de la Pro A cette année ?
Vraiment très bon. Et encore plus homogène. Aucune équipe n’est au-dessus du lot.
Notre budget a progressé mais celui des autres aussi ! Y compris chez ceux qui disposaient déjà d’un budget beaucoup plus conséquent. C’est difficile. A nous de rester dans le coup.
Vos voisins du MUC sont en tête du classement…
Tout leur réussit, à l’inverse de nous ! Ils ont réussi un bon mélange entre jeunes et joueurs expérimentés. C’est un peu le même style de recrutement que nous. En plus français. C’est ce qu’on aurait aimé faire, d’ailleurs. A Montpellier, ils ont des joueurs en folie en ce moment. Geiler casse tout. A l’Arago, on est capable de faire aussi bien. Nous misons beaucoup sur les jeunes. Nous construisons cette année pour la saison 2008.
On a déjà cinq joueurs sous contrat pour la saison prochaine ; ce n’était pas le cas la saison dernière.
Que pensez-vous du parcours de Narbonne ?
Ils reviennent en Pro A. Ils ont un peu le même profil qu’il y a deux ans où ils avaient fini par descendre en Pro B. Ce sera très très dur de les battre chez eux. Ils auront quelques soucis à l’extérieur. Mais ne devraient pas jouer de malchance comme il y a deux ans. C’est une équipe en devenir.
Recueilli par Olivier SCHLAMA
11:35 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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