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08.02.2008

Un navire libérien retenu cinq jours pour une voie d'eau

Le Kasco a pu repartir mercredi soir vers la Tunisie pour y livrer une cargaison d’huile alimentaire


Fraîchement repeint, le Kasco a passé cinq jours à "tenir" le quai I dans le port de commerce de Sète, derrière le silo.
Ses amarres croisaient celles d’un célèbre bateau poubelle, l’Edoil, à quai depuis des années. Le Kasco n’est pas une poubelle. Mieux, si l’on n’a pas l’œil aiguisé, on pourrait croire qu’il est sorti d’un chantier naval il y a une paire d’années. En fait, le cargo a été récemment refait, en Chine, paraît-il. On en a même profité pour le doter d’une double coque. Pour davantage de sécurité. Un proche du dossier se risque même à dire qu’il est « en bon état. En visitant les cabines, les toilettes, la cuisine, les douches, il n’y avait rien de choquant. Et l’équipage ne semblait pas stressé… »
Tout commence samedi dernier. Des matelots se plaignent aux autorités de tutelle : il y a une voie d’eau à bord et, peut-être, deux autres. L’équipage aurait même la trouille de repartir.


Alertées, les Affaires maritimes, la gendarmerie maritime, l’agent et l’assureur sont "sur le pont". Agissant dans le cadre du mémorandum de Paris, ils constatent qu’il y a effectivement une voie d’eau. A bord, une trentaine de marins, à grande majorité philippins, tuent le temps en attendant de lever l’ancre.


Pour beaucoup d’observateurs, « cette affaire fait beaucoup de bruit pour rien. Le Kasko a été retenu pour pas grand-chose et ça ne l’empêchait guère de naviguer. » N’empêche, le Kasco, "chimiquier" transportant une belle cargaison d’huile destinée à la consommation humaine, est immédiatement retenu par le centre de sécurité des navires (CSN) de Sète. Jusqu’à mercredi soir. Soit cinq jours. Il s’agissait principalement de réparer une voie d’eau. Une fois la réparation faite, une sorte de coffrage, une société de classification habilitée est montée à bord mardi ainsi que les inspecteurs du CSN. Ses spécialistes ont donné le feu vert pour que le bateau-citerne puisse lever les amarres.


Du coup, le cargo, battant pavillon du Libéria et ayant pour armateur une compagnie grecque, Delphi SA, basée au Pirée, a pu reprendre sa route et aller livrer sa cargaison d’huile en Tunisie.


A n’en pas douter, il sera suivi de près. De très près.


Olivier SCHLAMA

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