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29.02.2008

Pourquoi la nouvelle ligne vers l'Algérie tangue

« Nous allons adapter la desserte au trafic », dit la SNCM à propos de la ligne, déficitaire


Affaire sensible, période sensible. Il s’agit rien de moins que d’un possible échec de la ligne Sète-Algérie, financée par le géant Véolia, via sa filiale SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée), et pressentie pour participer à la future SEM qui gérera demain le port de Sète. Et de voir l’espoir, une nouvelle fois envolé, d’un nouveau trafic pérenne dans un port, déjà en crise.


Selon plusieurs sources concordantes, la ligne maritime Sète-Béjaia, Oran et Skikda, qui n’a débuté que le 13 septembre dernier, est en sursis. Déjà. Certains proches du dossier affirment que, faute d’avoir trouvé son public et l’équilibre financier, la ligne s’arrêtera après les municipales. Et que le Corse - d’où 100 000 € avaient disparu d’un coffre le 14 février - n’accostera plus à Sète.


« Faux ! » claque-t-on à la direction de la communication de la SNCM. Où chaque mot est subtilement soupesé : « Nous restons et nous tenons à Sète pour diverses raisons. Quel intérêt aurions-nous à supprimer cette ligne ? » Quel intérêt a Véolia de la garder si elle perd de l’argent ? « Nous allons, c’est vrai, adapter la desserte aux trafics », rajoute-on à la SNCM. Nébuleux. Et d’ajouter sibyllin : « Dans trois ou quatre semaines, nous vous tiendrons au courant des évolutions. Tout ceci n’a rien à voir avec les municipales. » La ligne se résumera-t-elle à une rotation tous les quinze jours, au lieu de trois fois par semaine ? Mystère.


En tout cas, mercredi et hier, le site internet de la SNCM ne permettait plus de faire aucune réservation. Pire, Sète n’y apparaissait plus comme ville de départ dès après le 25 mars… Sauf - curiosité - pour deux allers Sète-Alger.
Contactés, les responsables syndicaux maison, le STC et la CGT, étaient injoignables, hier.


Tout le monde espérait, au lancement de cette ligne régulière, que le « fret démarre quand les opérateurs verront le bateau revenir. Tout est basé sur la confiance » d'une ligne, vitrine d'un possible trafic mixte fret-passagers. Un gros enjeu pour Sète qui verrait ainsi s'amorcer une autoroute de la mer. Sauf que le frêt n’a jamais vraiment rempli le bateau comme escompté. Il a été sous-traité à la société spécialisée 3 C Fret et à la direction de la SNCM on refuse de confirmer ou d’infirmer si le contrat sera toujours valable au-delà du 31 mars…


« Tout cloche depuis le départ », dit un proche du dossier. « On a lancé la ligne rapidement, sans campagne marketing, avec un bateau nommé Le Corse que l’on annonçait provisoire et qui ne l’est pas. Tellement rapidement que le feu vert de la direction de la SNCM, à Marseille, avait été donné le 23 juillet, juste le temps de créer un espace hors Schengen, avec postes de douanes, de police en préfabriqués, de parkings délimités, zones de contrôle de fret et passagers, WC chimiques. » Un exploit.


La Région travaille déjà à d’autres projets, comme une nouvelle ligne sur le… Maroc.


Olivier SCHLAMA

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