25.03.2008
Môle Saint-Louis : les bateaux se refont une beauté
Une à trois fois l’an, les unités de pêche quittent leur élément pour offrir leur ventre au carénage...
Le carénage est aux navires ce que le fer à cheval est à l’équidé : sans lui, il ne faut pas compter aller bien loin. Ou pas bien vite, en tout cas. Aussi, de une à trois fois l’an, les bateaux de pêche quittent-ils leur élément, à Sète comme ailleurs. Et offrent un ou deux jours durant leur coque ventrue au regard des promeneurs qui, du Môle, n’en croient pas leurs yeux. Résultat d’avaries ? Expo-vente ? Non : "carène".
Deux à trois fois l’an, donc, l’aire de carénage située au bout du Môle, entre le poste d’avitaillement et le phare, est embouteillée. Les six places à terre pouvant accueillir chalutier et thoniers reçoivent les embarcations dont les propriétaires veulent préserver les qualités de glisse.
Plusieurs saisons sont propices à ces "migrations", explique-t-on du côté du port de pêche : « La grosse saison, pour les chalutiers, c’est toute l’année, puisqu’ils carènent deux à trois fois par an, avec un pic au mois de juillet, avant la Saint-Pierre, ainsi qu’avant les fêtes de fin d’année... Mais en ce moment, l’aire est plutôt occupée par les thoniers. » Eux qui, au mois d’avril, prendront la mer pour leurs "campagnes" de printemps, doivent en effet s’assurer d’une carène parfaite. Garante, notamment, d’économies de carburant...
Aujourd’hui, le port de pêche sétois est en mesure de "mettre à terre" les navires pesant jusqu’à 180 tonnes, « mais avec une limite en terme de longueur et de largeur, due à l’engin de levage ». Ceci sachant qu’un thonier débarrassé de ses filets, et de son gasoil, pèse de 120 à 130 tonnes.
L’aire de carénage sétoise, à laquelle est toujours reprochée une capacité limitée en terme de levage et de places - alors que son déménagement fait figure d’Arlésienne - présente néanmoins plusieurs avantages qui séduisent des "patrons" venant de Port-la-Nouvelle, Agde, Le Grau-du-Roi mais aussi de Martigues et Marseille.
Le coût de la mise à terre, du séjour avec eau et électricité, puis de la mise à l’eau, évolue en effet entre 200 et 600 € par navire en fonction du tonnage. Un prix largement inférieur à la "douloureuse" présentée du côté de Marseille par exemple, aux propriétaires de chalutiers désireux de "caréner" et qui ne peuvent le faire qu’en cale sèche.
A Sète, une fois le bateau gruté et posé sur bers (berceaux, Ndlr), il ne reste plus à l’équipage qu’à s’attaquer à la coque avec des nettoyeurs haute-pression, puis à couvrir les dizaines de mètres carrés situés sous la ligne de flottaison d’un antifouling dépourvu de tributylétain (lire ci-dessous). « Et généralement, en une journée, l’opération est bouclée. »
Pa.C.
12:02 Publié dans Pêche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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