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11.04.2008

Banque : Un administrateur nommé au Crédit maritime

Sa mission est de rétablir le dialogue avec l’organe central, la Banque populaire


Un coup de théâtre. Depuis hier matin, un administrateur provisoire a pris les rennes du Crédit maritime qui a son siège à Sète, quai d’Orient. Une première.


C’est la commission bancaire, l’organe de surveillance et de contrôle du paysage bancaire, saisie par la Banque populaire, qui a demandé cette mesure. Le 10 mars, Daniel Bousquet avait déjà vu son agrément de DG retiré par la Populaire sous prétexte qu'il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis en première instance, pour avoir été mis en cause par un manutentionnaire sétois en liquidation judiciaire.


La Populaire est actionnaire de ce financeur historique du monde de la pêche. Daniel Bousquet, a par ailleurs fait un référé-suspension devant le tribunal administratif de Paris qui s’est dit « incompétent ».


Le dossier a été redéposé devant le Conseil d’Etat qui pourrait statuer dans les prochaines semaines.


Contacté, l’administrateur provisoire, Donat Branger dit : « Ma mission, que j’espère la plus courte possible, est de trouver une issue à cette situation, rétablir un dialogue entre le Crédit maritime et la Populaire, et assurer le bon fonctionnement de la banque qui se porte plutôt bien. Il ne faut pas que ces "turbulences" menacent plus sérieusement cette maison. C’est une mission de sauvegarde. » Parallèlement au rachat de sept banques régionales (nos précédentes éditions), les Banques populaires tentent de prendre le contrôle de la banque historique des pêcheurs et des ostréiculteurs.


En réalité, depuis 2004, la Populaire détient 20 % du capital du Crédit Maritime. Soit, traduit, 3,7 M € de capital. « On avait des accords qui ne sont jamais respectés : on ne bénéficiera pas, par exemple, de leur plateforme informatique… Et on craint maintenant pour nos actifs immobiliers et le personnel », disaient plusieurs cadres.


En très bonne santé, le Crédit maritime (1,5 M€ de résultat net) suscite des convoitises et risque de se voir privée de ses clients "non pêche", soit 70 % de son chiffre d'affaires. « Nous laisser que l'activité déficitaire de soutien aux métiers de mer, c'est nous faire mourir… »


« Nous proposons que cette clientèle non spécifique soit traitée en interne à la Populaire et que le reste, déficitaire, soit amené à être réparti sur la totalité de la surface financière des Banques populaires, expliquait Claude Cordel, le président de la Banque Populaire Sud. Nous voulons tout conserver, y compris le savoir-faire de cette banque, en vue du développement du nautisme. »


L’AG annuelle du Crédit maritime, prévue samedi, pourrait être repoussée.


Olivier SCHLAMA

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