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15.02.2008

Education : Le Maghreb s'invite à la table du Segpa

Hier, les élèves de la Section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) du collège Jean-Moulin ont voyagé au cœur des cuisines du monde.


En effet, une journée sur le thème du Maghreb a été organisée avec les élèves. Un projet préparé depuis des mois et qui tient particulièrement à cœur à Dominique Denis, directeur de la Segpa. « L’objectif est de travailler sur les identités culturelles en ramenant les familles au contact de la Segpa », résume le responsable. Cette ouverture sur le quartier passe par l’association Femmes en Languedoc- Roussillon. Des mamans sont donc venues hier cuisiner au collège pour ce buffet oriental. « Elles sont venues une première fois pour rencontrer les élèves avec qui elles vont préparer les plats. Le menu a été élaboré ensemble. »


Salade de carottes aux épices, pastilla de poulet, pain de viande… ont été concoctés. Les collégiens, ont eux, été mis à contribution, à travers leur atelier cuisine, en "secondant" les cuisinières.


Des contes, ateliers dessin au henné, musique du Maghreb, défilé de mode orientale ont figuré également au menu de cette journée. Douze femmes sont venues ainsi mettre la main à la pâte. « Mais certains plats, comme les gâteaux, ont été préparés à l’avance », explique M’Barka Peter, médiatrice de l’association.


Le tarif du repas était fixé à 10 €, et l’entrée réservée aux parents, partenaires et acteurs du collège, les places étant limitées.


Cette journée a été l’occasion, pour les enseignants de Segpa, d’aborder différents thèmes comme le calcul d’un prix de revient ou la définition d’un prix de vente en mathématique. Un travail en arts plastiques permettra d’élaborer des panneaux d’exposition, etc. Une journée africaine puis espagnole et enfin méditerranéenne devraient succéder à cette première.


Le but final étant de mettre en avant les différentes origines se côtoyant au sein du quartier voisin de l’île de Thau. Cette opération festive et conviviale s’appuie ainsi sur de vrais objectifs pédagogiques, tout en tendant la main aux familles : « Nous avons besoin de travailler avec les familles, de ce lien avec les parents », rappelle avec conviction Dominique Denis. Car une convergence est nécessaire entre enseignants et parents pour l’intérêt de l’enfant. L’association Femmes en Languedoc-Roussillon œuvre déjà en ce sens, au cœur du quartier. Cette journée du 14 février a constitué un pas de plus.

05.02.2008

Au CFA, opération séduction de la filière viande

Le centre de formation sétois est le seul, dans l’Hérault, à former aux métiers de bouche

Redorer le blason d’une corporation, c’est, toujours, la dénuder un peu.


Ce qui ne pose aucun problème quand elle assume son profil. La récente initiative de l’Amibev (Association méditerranéenne de l’interprofessionnelle bovine et des métiers de la viande) va dans ce sens, et fait tomber pas mal de clichés quand il s’agit de savoir où la filière viande régionale, des éleveurs aux artisans bouchers, trouve son intérêt. Qui rejoindrait en de nombreux points celui du consommateur…


Mais revenons à nos moutons : afin de développer l’image de la viande comme production de qualité, de promouvoir les races Aubrac, Charolais, etc., l’Amibev et son président Michel Gras ont décidé d’organiser plusieurs fois l’an une rencontre réunissant professionnels de la cuisine, de la boucherie, et leur clientèle.


Et c’est une nouvelle fois le CFA de Sète, désormais le seul à former aux métiers de bouche dans le département de l’Hérault, qui a été choisi comme incubateur de cette initiative aux visées éminemment gastronomiques.
Demain y seront ainsi réunis six artisans bouchers qui ont chacun convié deux de leurs clientes. Un groupe qui sera accueilli par le duo Thierry Hund - Marcel Carquet, sous la houlette du maître des lieux, Hubert Mor.


« Nous préparons un étal typique de boucherie traditionnelle afin que chaque cliente puisse s’exercer à une reconnaissance visuelle des différents morceaux », explique Thierry Hund, qui est l’unique "prof" de boucherie du département. « Je donnerai ensuite des explications sur le choix, les quantités, la découpe », tout en œuvrant pour le retour en grâce de "morceaux oubliés" : queue et joue de bœuf, basse-côte…


Pour mieux les convaincre, le boucher passera ensuite le relais à l’incontournable Marcel Carquet, patron des cuisines du CFA. Lui parlera cuisson rapide, cuisson lente, daube, tartare, pot-au-feu carpaccio… Il restera alors aux clientes à mettre la main à la pâte pour concocter quelques-uns des plats qui passeront au "banc d’essai" - gustatif - en fin d’après-midi.


Une initiative qui pourrait être généralisée à l’ensemble des départements de la région, avec pour ambition de « faire comprendre au consommateur qu’il faut bien distinguer boucher et vendeur de viande », insiste Michel Gras, le président de l’Amibev. Qui conclut : « Il vaut mieux consommer moins de viande mais une viande de qualité et prendre conseil auprès de son artisan boucher. » Assurant qu’« en procédant de la sorte, le consommateur influe sur l’ensemble de la chaîne, contribuant aussi, en amont, à la qualité d’élevage ». Dans ce cas…


Patrice CASTAN

17.11.2007

Tout un lycée sensibilisé au handicap

Avec l’opération Handi Chemin, les élèves de Charles-de-Gaulle ont vécu durant deux jours le quotidien des personnes handicapées


« La discrimination la plus répandue est celle liée au handicap », explique Claude Hassler, proviseur du lycée Charles-de-Gaulle. Un établissement scolaire où, durant deux jours, les élèves ont, grâce à l’opération Handi Chemin, été sensibilisés au handicap.


« Le but est de tenter de modifier leur représentation des personnes handicapées et de faire prendre conscience de la dimension surdiscrimante de l’environnement pour les handicapés » souligne Claude Hassler. Un proviseur qui avoue modestement avoir découvert que « le lycée était doté d’une rampe à la pente beaucoup trop raide pour les personnes en fauteuil roulant. »


A travers cette opération, le proviseur explique vouloir être un référent dans ce domaine : les enseignements tirés de ces deux jours seront prochainement mis en ligne sur le site du lycée.


« L’enjeu important est également de former des élèves qui sont de futurs citoyens. Instruire des élèves, c’est aussi leur apprendre la vie. C’est aussi apprendre une autre façon de fonctionner ensemble », confie Dominique Vion, proviseur adjoint. Comme le rappelle au passage Claude Hassler : « Faciliter l’accès aux handicapés, c’est faciliter la vie à tout le monde. » A des mises en situation de handicap s’ajoutaient exposition et vidéo au CDI (centre de documentation et d’information) du lycée. « Un quiz et un questionnaire ont permis de constater que les élèves ont changé d’opinon vis-à-vis du handicap », explique Jean-Luc Goudoux, enseignant chargé de porter la bonne parole auprès des élèves. Les professeurs du lycée Charles-de-Gaulle ont travaillé avec les élèves, par exemple en commentant des affiches en espagnol de l’exposition consacré au handicap et à la discrimination.


Car l’exposition mise en place au CDI concernait toutes les discriminations. Et ce n’est donc pas un hasard si elle a eu lieu les 16 et 17 novembre. Hier a eu lieu, en effet, la Journée mondiale pour l’égalité. Donc contre la discrimination. Une journée à laquelle ces lycéens ont participé activement.


François CHARCELLAY