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06.11.2007

Economie : Pour Viviane, la coopé, c'est du cousu main

Journée portes ouvertes aujourd’hui à Énergies alternatives

Son parcours est ourlé de simplicité. Viviane Roman, une Sétoise de 49 ans, met la dernière main aux nouvelles tenues des danseuses et artistes d’un cabaret sétois. Tout y est : une grande table rectangulaire ; des ciseaux immenses ; des machines, à coudre et même une à broder. Depuis un an, Viviane partage un local, rue Paul-Bousquet, avec Christiane Farre-Foucher, 48 ans, couturière comme elle. « Ça fonctionne bien », dit cette dernière, qui travaille entre autres avec des stylistes montpelliéraines principalement autour des vêtements de bébé. « En plus, cette année, je fais aussi les bâches de bateaux », confie-t-elle.


Toutes deux ont adopté le statut unique en France d’entrepreneur-salarié. Leur local s’appelle Cousu main comme la vie professionnelle de ces deux couturières. « Je suis salariée depuis deux ans par la coopérative sétoise Énergies Alternatives, détaille Viviane Roman. Le gros avantage, c’est que l’on peut se lancer sans hésiter ; il n’y a plus de paperasserie et on ne prend pas de risque : si on échoue on retrouve les Assedic ! On a la liberté de ne s’occuper que de sa passion et de son travail. On n’est coincée ni par la gestion ni la comptabilité. Et pour les impôts, C’est simplissime ! » Le rêve de tout commerçant.


Viviane arrive à se payer un salaire, l’équivalent d’un gros mi-temps (90 heures par mois). Et l’activité ne demande qu’à progresser. J’ai travaillé à l’usine, chez Boyer, puis dans un atelier de cuir qui a fermé, dans une société d’imports de parasols et de parapentes… » Puis, une période de chômage, suivie d’un job d’animatrice de cantine. « Je ne savais pas trop vers où me diriger. » Le bouche à oreille la pique au bon moment : « Je me suis renseignée à Énergies alternatives et j’y suis restée ! » Après moult réunions et études de marché. « Au début, je travaillais chez moi. » Ourlets et retouches à gogo de vêtements prêts à porter étaient alors son quotidien surpiqué. Désormais, son activité peut se diversifier au point de réparer les bâches de bateaux et du mobilier, des fauteuils en particulier. « Et à chaque nouvelle revue du Cabaret, je fais les costumes » s’éclaire Viviane. Un conseil pour quelqu’un qui veut créer son emploi ? « Qu’il n’hésite plus ! Si ça ne réussit pas, ça reste une belle expérience. »


Olivier SCHLAMA

25.09.2007

Un forum pour accompagner les entreprises

En 2005, le taux de chômage sur le bassin d’emploi était de 14%


Un "guichet unique" pour les porteurs de projet de création d’entreprises s’installe durant une journée à la Maison du Peuple de Balaruc-les-Bains. Le jeudi 27 septembre, à l’initiative de la communauté d’agglomération de Thau, les professionnels des finances, de la fiscalité, de la gestion du personnel, du recrutement ou encore des nouvelles technologies, seront réunis à Balaruc-les-Bains.


« Cette manifestation permet aux chefs d’entreprises ou aux porteurs de projets, de rencontrer le même jour, dans un même lieu, l’ensemble des professionnels susceptibles de les aider », insiste le service développement économique de la CABT, organisateur de cette 5e journée multi-conseils.


Comme chaque année, les rencontres se font dans le cadre de rendez-vous individuels et gratuits. D’où l’intérêt, même si ce n’est pas obligatoire, pour les porteurs de projets, de prendre rendez-vous auprès du service économique de l’Agglo.


« Une entreprise sur deux ne passe pas le cap des trois ans d’existence et seule une entreprise sur cinq fête son cinquième anniversaire », c’est le triste bilan que dresse le service économie de la CABT. Un bilan qui doit inciter les potentiels chefs d’entreprises à ne pas se lancer dans l’aventure sans avoir vérifié la faisabilité de leur projet « Plus un chef d’entreprise est préparé, conseillé, plus son projet est solidement bâti et plus son entreprise a des chances de survivre », insiste l’Agglomération du bassin de Thau. Au cours de la journée multi-conseils de Balaruc, plus de 30 professionnels seront présents. Ils seront là pour orienter les entrepreneurs, par exemple pour savoir quel statut social adopter pour leur future entreprise, pour connaître les conséquences sur la couverture sociale du chef d’entreprise. Même chose en terme de fiscalité, les spécialistes insistent : « Il faut savoir anticiper. » Ne pas se précipiter et bien préparer son projet, c’est ce que vous aide à faire la 5e journée multi-conseils. 

 Le programme de la journée du 27 septembre : de 8h à 9h, accueil des intervenants ; 9h à 12h ouverture de la manifestation : 11h inauguration par le président et les élus de Thau ; pause de 12 h 30 à 14 h. Réouverture des portes de 14h à 17h.

07.09.2007

Feu vert pour une autre cimenterie sur le port !

Après quatre ans de rebondissements, Chane France annonce un début de travaux pour octobre


Ce serait inédit. Pour la première fois, Lafarge, numéro 1 mondial du ciment, est directement concurrencé sur son propre terrain ! Et Sète en est l’une des scènes nationales avec Fos et Dunkerque, là où la société Gamma Logistic veut créer des cimenteries - ou plutôt des broyeurs de clinkers, l’un des constituants du ciment.


En juin, avant de partir, le préfet Thénault a finalement donné son feu vert à Chane France (filiale de Gamma) après le lui avoir retiré pour exploiter une cimenterie sur le port (nos précédentes éditions). Le nouveau dossier de Chane, notamment sur ses capacités financières, l’a convaincu. La Ville a, de son côté, accordé un permis de construire début août, et ce projet à gros enjeux pourrait voir le jour d’ici 2010. Avec, annoncés, « un investissement de 25 M€, 40 emplois directs, 300 indirects et l’embauche de 7 à 10 dockers » ! Sans parler du trafic d’importation du clinker : 500 000 tonnes par an en « vitesse de croisière » destinées au marché français, notamment le Sud. « Montpellier et sa région offrent un important taux de croissance dans le domaine immobilier », savoure Bernard Le Génissel, l’un des deux hommes d’affaires représentant Chane France. Car Sète, dans l’esprit de ces promoteurs, est la tête de pont d’un projet plus vaste, associant les futures cimenteries de Sète, Dunkerque et Fos, toutes trois propriétés de Gamma et permettant de « quadriller la France », notamment par voies fluviales.


C’est le dernier rebondissement d’une affaire rugueuse qui s’auto-entretient depuis quatre ans. Opposant violemment en coulisses la société Lafarge à Chane France.


Tout débute en 2003. Chane France (1) loue un terre-plein sur le port à prix d’or : 300 000 € pour 32 000 m2. Mais dès que son projet de cimenterie s’officialise, Lafarge monte au créneau et dépose elle aussi un projet. En quoi consiste-t-il ? A raser leur site de la route de Balaruc et le transférer sur le port où la firme est déjà présente. Dans l’intervalle, le préfet délivre les autorisations à Chane France avant de se rétracter devant l’hostilité, notamment de la ville de Frontignan, qui soutient Lafarge qui s’active et finit par obtenir il y a un an tout juste le feu vert de la préfecture. Neuf mois plus tard, Chane France obtient donc le même feu vert.


« Le préfet avait des doutes d’abord sur nos capacités techniques et ensuite sur notre assise financière. Or, nous avons déposé les mêmes demandes à Dunkerque et à Fos-sur-Mer qui ont été données par les préfets respectifs », précise Bernard Le Génissel. S’il n’y a aucun recours, Chane France compte poser la première pierre de son projet d’ici ce mois d’octobre. Avec une inauguration prévue deux ans plus tard. « En France, on produit 20 millions de tonnes / an de ciment mais on en importe 3 millions ! » Les responsables de Chane France, espérant à terme importer la moitié de ces 3 millions de tonnes françaises, plus que jamais se sentent comme une alternative à un cartel, « un oligopole où l’on retrouve le N° 1 mondial du secteur, Lafarge ; le N° 2 le Suisse Holcim et le 4e mondial, Italcimenti ».


Que fera Lafarge (lire ci-contre), dont le directeur général en personne avait répété, en 2005 : « Il n’y a pas la place pour deux unités de broyage à Sète » ? Et qui s’inquiétait de l’importation de clinker de pays à bas coûts, sachant que Chane France termine une usine en Égypte et ne dément pas en importer de Chine…

Olivier SCHLAMA 

 Basée à Castelnau-le-Lez, Chane France représente, en France, la holding Gamma, basée au Luxembourg (10 M€). Elle est composée de deux sociétés : Cémentos la Union (basée à Valence en Espagne et réalisant 120 M€ de CA dans le ciment) et le groupe italien Bertolin (300 M€ de CA).

12.01.2007

Un nouvel éditeur s'installe en Ile singulière

Il y a trois mois, l’opération a été menée dans la plus grande discrétion : les Presses du Languedoc, éditeur incontournable du paysage montpelliérain né il y a trente ans, associé depuis au nom de Max Chaleil et à son fonds conséquent d’ouvrages sur la région, était racheté par Pierre Mignaval, déjà patron de MonEditeur.com.


Tout aussi discrètement, la maison, rebaptisée Les nouvelles presses du Languedoc éditeur a engagé une grande mutation et s’apprête à quitter ses locaux historiques, au 17 rue Rigaud, pour Sète. Le siège y a déjà été déplacé. Le déménagement est prévu au printemps. Ce sera très exactement impasse Gaffinel.


« On garde la même politique régionaliste », précise d’entrée Jean-Pierre Mignaval, qui fait ses armes depuis deux ans avec MonEditeur. com, à La Pompignane, qui a d’abord développé des ouvrages à compte d’auteur avant d’éditer ponctuellement d’autres titres. Les deux maisons cohabitent désormais dans les mêmes locaux, chacune avec sa spécificité.


« Le protestantisme et les camisards » restent le « fer de lance » des Nouvelles presses, ainsi que « les beaux livres sur le patrimoine historique, géologique ou humain régional », précise Pierre Mignaval. Mais les collections sont « rajeunies », « repensées », « clarifiées », indique l’éditeur qui conserve l’équipe initiale de six personnes pour impulser « une culture différente » et « une nouvelle dynamique ». Sans s’appesantir sur les problèmes passés, il vise une audience « de plus en plus nationale ».


Les romans seront développés, comme les ouvrages culinaires, sous l’étiquette "Lire les saveurs", une ligne jeunesse, "Imagine", développée. Quelques innovations tentées : des Cahiers du Languedoc-Roussillon, recueils ludiques et éducatifs sur le patrimoine local imaginé sur une périodicité trimestrielle, à un festival du livre encore à monter.
Objectif : sortir chaque année trois à quatre livres par collection, précise Pierre Mignaval qui se définit comme « l’anti-Chaleil », « je suis très détendu ». Concentré néanmoins avant la publication de « chaque livre », « c’est toujours une nouvelle entreprise ».


S. G.