03.05.2008
Gachon gâche le paysage des Aresquiers
Le conservatoire du littoral a déposé une demande de démolition du mas, qui traîne
Le mas de Gachon, c’est l’une des portes d’entrée principale du lido sauvage des Aresquiers à l’extrême est de Frontignan. C’est aussi, depuis quelques mois, un véritable dépotoir. Explications.
Petit à petit, sur ce site protégé, où nichent des espèces d’oiseaux migrateurs uniques, le conservatoire du littoral tente de restituer l’environnement à son état naturel. Non sans mal. Après des années à batailler contre deux restaurants de plage, le délégué poursuit désormais l’offensive un peu plus loin, au mas de Gachon. « Nous mettons en pratique avec lenteur et détermination la libération de l’ensemble de ce site des constructions illégales », indique, philosophe, le délégué régional du conservatoire Jean-Claude Armand. Sauf que si la bâtisse est vouée, depuis belle lurette, à débarrasser le plancher, nul ne sait aujourd’hui quand aura lieu le premier coup de tractopelle.
D’autant que depuis août dernier, date du décès de l’ultime occupant, le conservatoire doit user de stratégie. Ainsi Jean-Claude Armand a-t-il dû d’abord trouver la parade pour éviter que quelqu’un ne se réinstalle dans ledit mas. Après quoi, en janvier, il a déposé une demande d’autorisation pour démolir Gachon. Mais, site classé oblige, celle- ci est soumise à une procédure aussi longue que rigoureuse. Le dossier passe d’abord en commission des sites puis est soumis à la signature… du ministre. Certains dossiers "traînent" ainsi... pendant un an.
« Après le décès de la personne qui utilisait ce bâtiment, j’ai récupéré les clés et fait couper l’eau et l’électricité et démonter les huisseries du mas afin d’éviter que le lieu ne soit squatté », précise le conservatoire du littoral. Or, sur le terrain, la bâtisse est déjà, dans un état à peine descriptible. Portes et fenêtres sont défoncées, toutes sortes de détritus et autres immondices sont éparpillés à l’extérieur comme à l’intérieur.
Autant dire qu’à la veille de la saison estivale, l’état des lieux de ce site ne sert ni l’image du conservatoire ni celle de la commune de Vic. Sans parler des risques potentiels pour le public. Jean-Claude Armand déplore cette situation mais répète : « Je suis prêt à démonter le bâtiment dès que j’en ai l’autorisation ». Et il renvoie aussi chacun à ses responsabilités rappelant : « Ce n’est pas à moi de faire la police sur le chemin de halage ou théoriquement toute circulation est interdite et je déplore que quelques personnes, pour accéder à la plage en voiture fassent systématiquement sauter les cadenas de la barrière située devant le mas de Gâchon. C’est infernal ! »
Jean-Pierre SOUCHE
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02.05.2008
Travaux : L'extraction du sable de l'étang pose problème
L’association Entre Mer et Etangs demande au préfet d’arrêter l’extraction de 13 000 m3 de sable qui grossira les plages
Présidente de l’association Entre Mer et Etangs, Marialys Caramel a écrit une lettre ouverte au préfet pour lui demander d’arrêter le chantier d’extraction de sable avec un système de pompage au Pont- Levis relié à deux immenses bassins. Au total, 13 000 m3 iront grossir la plage de Villeroy.
« Ce sable n'est pas extrait du canal des salins de Villeroy ou du Pont-Levis, mais au large dans l'étang de Thau, classé zone Natura 2000, et dans un herbier d'algues zoostères protégées. Des analyses bactériologiques et chimiques ont-elles été réalisées ?, demande-t-elle. Par quel organisme ? Aucun panneau n'est installé, aucune information n'a pu être fournie, le personnel étant invisible. Quelle est l'entreprise en charge du chantier ? »
« Selon Midi Libre, ajoute la militante, les sédiments faisant l'objet de la seconde tranche non financée et devant contenir des métaux lourds (comment et quand ont-ils été décelés) iront en décharge, laquelle ? Pourquoi alors les extraire ? De plus, aucun appel d'offres de quelque nature que ce soit n'a été publié pour un premier chantier estimé à 390 000 € et le montant de la seconde tranche n'est pas défini, bien que supérieur. Ceci semble manquer de rationalité. » Marialys Caramel ajoute dans sa lettre ouverte au préfet : « Le site de stockage actuel fait l'objet d'une enquête publique en vue d'une prochaine urbanisation. Qui prendra en charge la décontamination du sol ? A quel coût ? L'impact sur les 63 hectares du Conservatoire du Littoral voisins a-t-il été évalué ? »
« A l'heure où le développement durable est un souci permanent, conclut Marialys Caramel, ce chantier qui vient s'ajouter à celui du déplacement de la route du Lido, à l'urbanisation du triangle de Villeroy qui ont provoqué le comblement de zones humides avec la disparition de sa flore et sa faune protégées, semble totalement incongru », dit-elle menaçant d’une possibilité de « procédure auprès du Tribunal administratif ».
Contacté, Antoine de Rinaldo, premier adjoint au maire, dit que « tout s’est déroulé dans les meilleures conditions et que la procédure a été respectée ».
Olivier SCHLAMA
15:24 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2008
Ecologie : Initiatives Océanes en bord de Méditerranée
L’association Recycled’Mod relayera samedi prochain à Sète l’opération lancée par Surfrider Foundation
La journée sera intitulée, pour sa treizième édition, Initiatives Océanes. Avec, toujours, le même instigateur : Surfrider Foundation Europe, qui fournit une partie de la logistique nécessaire et fédère surtout les bonnes volontés.
C’est ainsi que Léa Paquette, installée à Sète depuis le début du mois de février, a trouvé une première mission sétoise pour son association créée dans la Drôme mais désormais implantée en Île singulière.
Recycled’Mod - c’est son nom - déclinera donc sur une plage du Golfe du Lion les 13e Initiatives Océanes, samedi. « Depuis notre arrivée à Sète, avec mon époux, nous avons pris l’habitude de nous promener sur les plages, où nous avons rencontré bon nombre de nettoyeurs anonymes, et une bonne cause à défendre, explique Léa Paquette. J’ai donc pris contact avec Surfrider Foundation pour participer à ses Initiatives Océanes, samedi. Ils fourniront les sacs plastiques… »
Et l’association Recycled’Mod tentera quant à elle de fédérer le maximum de Sétois - Néos et "de souche" - autour d’une action citoyenne qui aura pour base la plage du Lazaret et les criques sétoises.
« Au-delà du nettoyage que nous effectuerons, explique Léa Paquette, ce sera l’occasion d’une prise de contact. Des amis de Nîmes viendront également… »
Recycled’Mod invite ainsi chaque participant à se munir de gants mais aussi d’un pique-nique autour duquel, en milieu de journée, les participants pourront deviser sur les actions citoyennes à mener à Sète sur le pourtour du bassin de Thau. Qui, assurément, sont légion.
Rendez-vous le samedi 22 mars prochain à 9 h, plage du Lazaret. Pour tout renseignement complémentaire, contacter Léa Paquette en composant le 04 67 18 19 24 ou recycledmod@free.fr
11:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.01.2008
Pollutions : Le bassin versant de l'étang de Thau passé au peigne fin
Des dizaines de capteurs sont activés dans l’étang et sur le bassin versant à chaque épisode pluvieux
Depuis mercredi soir et jusqu’à samedi, une alerte pluie est lancée sur le littoral. Et, sur tout le bassin versant de l’étang de Thau, plusieurs dizaines de personnes s’activent pour tenter de comprendre l’importance du phénomène, de déterminer les sources de pollution et les conséquences de ces intempéries sur la qualité des eaux de la lagune.
Oméga Thau, c’est le nom donné par le Syndicat mixte du bassin de Thau à un projet unique en France. « Notre objectif est de connaître précisément la distribution des pluies sur le bassin de Thau, d’identifier les sources de pollution et d’arriver à faire la relation entre la pluie tombée, le transfert des pollutions jusqu’à la lagune puis leur diffusion dans l’étang », indique Gilles Brocard, géographe, ingénieur au syndicat mixte plus spécialement chargé du projet.
Lancé en 2006, ce projet est entré dans une phase opérationnelle de mesures depuis septembre dernier et pour un an. Désormais, à chaque alerte aux intempéries annoncée par Météo France une série de mesures très précises est effectuée sur l’ensemble du réseau hydrographique du bassin versant, sur les ouvrages et les réseaux d’assainissement et dans la zone conchylicole de la lagune de Thau.
Lors de ces campagnes de mesures, de nombreux acteurs sont mis à contribution. Le BCEOM, BRL, Ifremer, des cabinets d’études, des techniciens de la SDEI, de Véolia, la Section régionale conchylicole et également les techniciens du Syndicat mixte du bassin de Thau. Au total, une grosse trentaine de personnes sont mobilisés. C’est le cas pour l’épisode pluvieux qui a débuté mercredi : « Nous devons tous être opérationnels au même moment », souligne Gilles Brocard. Une "lourdeur" qui doit s’accommoder de prévisions météo encore quelque peu aléatoires. Car si le dispositif a été "calé" au cours d’un premier événement pluvieux fin septembre, depuis, la météo capricieuse et bien moins pluvieuse que lors d’un automne normal, a quelque peu joué avec les nerfs du syndicat mixte et de ses partenaires.
Cette campagne de mesure constitue pourtant l’unique moyen pour relever le défi ambitieux que s’est fixé le Syndicat mixte du bassin de Thau dont l’une des missions est de préserver la qualité de la lagune. La structure qui regroupe les communes de l’Agglomération de Thau et de la Communauté de communes du nord bassin de Thau, souhaite en effet, à l’issue de ces opérations, disposer d’un outil mathématique qui lui permettrait d’anticiper le plus précisément possible les pollutions générées par les intempéries sur le bassin versant.
Chaque campagne de mesure se déroule en trois temps. Les premiers prélèvements s’effectuent avant l’épisode pluvieux, puis une série a lieu en continu pendant les intempéries et une dernière intervention intervient quelque temps après l’événement météorologique.
Jean-Pierre SOUCHE
15:21 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.11.2007
Ramassis : L'ONF veut apaiser la polémique naissante
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que le lancement de l’opération immobilière sur l’ancienne carrière de Ramassis fasse des vagues. Une première polémique surgit avec le début du terrassement.
Mercredi, la présidente de Mer et étangs, une association qui veille, depuis six ans, au moindre mouvement sur ce site a soulevé un lièvre : des engins de terrassement ont réalisé une percée dans la forêt domaniale des Pierres Blanches. « Avec quelle autorisation ? » s’interrogeait l’association.
Hier matin, nouveau rebondissement. L’élu socialiste André Lubrano, alerté par Gaston Rohart, riverain du site et membre du PS, s’est rendu sur place. Il a constaté « les dégâts » et s’est dit « scandalisé. On se croit tout permis dans cette ville ! » a-t-il lancé. Au même moment, sur le site, l’agent de l’ONF qui s’occupe de la forêt des Pierres-Blanches ne cachait pas sa colère. Il indiquait qu’à sa connaissance, l’ONF n’avait donné aucune autorisation à l’entreprise et annonçait qu’il allait rédiger « un rapport pour constater le délit ».
Au contraire, le chef du chantier de terrassement assurait : « Nous avons obtenu l’autorisation nécessaire », mais il insistait surtout : « Nous restituerons le site tel qu’il était. »
Finalement, hier après-midi, nous avons contacté Francis Barsse, le responsable de l’unité territoriale Garrigues à l’ONF. Il nous a confirmé qu’aucune autorisation de passage n’a été donnée par l’ONF et qu’un PV serait dressé. Pour autant, il s’est voulu apaisant : « J’ai rendez-vous avec l’entreprise lundi. Je vais constater l’étendue des dégâts, les évaluer et nous trouverons un moyen de nous entendre pour qu’il y ait réparation. » Et Francis Barsse de conclure : « C’est juste une petite erreur d’ouverture du chantier. »
Reste qu’à quatre mois des municipales, vu la sensibilité "historique" de ce projet, la Ville devrait éviter ce genre de faux pas. Faute de quoi Ramassis pourrait bien devenir le boulet de la campagne de François Commeinhes comme Villeroy l’a été pour son prédécesseur.
Jean-Pierre SOUCHE
11:56 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.11.2007
Ramassis : Le futur immeuble rogne la pinède de Saint-Clair
Kaufman procède à un terrassement précédant la construction, d’ici 2010, de 268 logements
Après les Métairies, le Saint-Clair… En préparant le terrain, en vue de la construction des 268 logements à la carrière du Ramassis, les engins de chantiers ont ratiboisé une frange du fameux bois classé qui borde la falaise.
Cinq semaines après l’épisode controversé des Métairies, où la ville avait fait abattre seize pins parasols, pourtant en bonne santé, plusieurs Sétois ne comprennent pas ce nouvel abattage.
Maryalis Caramel, présidente de l’association Entre Mer et étangs, Sète environnement, réagit : « Alertée par des Sétois, nous avons constaté que des engins de terrassement avaient pénétré par la carrière dans le petit bois faisant partie de la forêt domaniale des Pierres-Blanches, sur une largeur de vingt mètres environ, saccageant la végétation immédiate jusqu’au grillage délimitant le sommet de la colline. Sachant que ce petit bois fait partie de la forêt domaniale, à quel titre et avec quelle autorisation cette opération sauvage a-t-elle pu avoir eu lieu ? Cette situation de fait nous emmène une fois encore à nous adresser en urgence aux services compétents, afin que les lois soient respectées. » Hier, les services techniques de la Ville se sont rendus sur les lieux ainsi que le responsable régional de Kaufman, le constructeur. Robert Verret l’affirme : « Nous avons toutes les autorisations. » Il reconnaît que « quelques arbres ont pu être abattus mais il faut bien accéder à la falaise que nous allons devoir conforter pour qu’il n’y ait pas d’éboulement. Car l’immeuble y sera à terme amarré. Tout chantier occasionne une gêne car on détruit quelque part un équilibre. Mais tous les arbres arrachés seront bien sûr replantés et notre projet comporte beaucoup de plantations. »
Le premier adjoint, Antoine de Rinaldo, ne dit pas autre chose : « Kaufman est sur son terrain et doit purger la falaise à coups de petits explosifs. »
Olivier SCHLAMA
12:15 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.11.2007
L'Agglo au chevet des marais de La Grande Palude
Une zone humide de 240 hectares située sur la commune de Vic-la-Gardiole
C’est une intervention peu coûteuse mais déterminante pour la sauvegarde d’écosystèmes remarquables dans laquelle s’engage la communauté d’agglomération du bassin de Thau (CABT). Depuis 2006, le service espaces naturels de l’Agglo a entrepris la restauration hydraulique des marais de la Grande palude, situés sur la commune de Vic (lire ci-contre), entre la Gardiole au nord et l’étang d’Ingril au sud.
Il s’agit d’une des zones humides majeures du bassin de Thau, notamment parce qu’elle présente un caractère naturel dominant. Elle a toutefois été passagèrement artificialisée au cours des siècles, pour la récolte du sel (période très courte) et le maraîchage notamment. C’est l’absence d’entretien depuis de longues décennies qui menace aujourd’hui cet espace sensible. « L’intérêt est de conserver la biodiversité et de favoriser la vie en gérant les différentes masses d’eau », précise Mickaël Debétencourt, technicien au service espaces naturels de l’agglomération du bassin de Thau. Autre souci de l’Agglomération : la lutte contre les inondations dans un secteur où l’urbanisme, plus ou moins contrôlé, avance.
L’idée des techniciens de la structure intercommunale est d’arriver à libérer au mieux l’écoulement des eaux dans les canaux existants afin de gérer les niveaux sur l’ensemble des marais. « Nous devons arriver à favoriser l’écoulement quand il y a trop d’eau et conserver un niveau conséquent à des périodes plus sèches », ajoute Alain Bonafoux, président du Syndicat mixte des étangs littoraux qui vient en appui technique à l’Agglomération.
Pour commencer le projet de restauration, l’année 2006 a été consacrée à un débroussaillage en profondeur des roseaux, tamaris, et autres ronces, qu’il faudra renouveler tous les trois ans. Parallèlement, une étude hydraulique de ces marais a été engagée en collaboration avec les acteurs locaux. « Il fallait comprendre les différentes fonctions du marais avant de déterminer les actions à mettre en œuvre pour le restaurer. »
A l’issue de cette phase d’études, trois séries d’interventions ont été décidées. D’abord, l’Agglomération a entrepris la restauration des ouvrages hydrauliques, la destruction de tout ce qui avait été élevé et obstruait l’écoulement, et le curage des fossés. Maintenant, le service espaces naturels souhaite lancer au plus tôt la mise en place de sept échelles limnimétriques (1) réparties stratégiquement. Elles permettront, à l’issue d’une à deux années de récolte de données, de mettre en place un véritable plan de gestion hydraulique pluriannuel.
A terme, l’Agglomération souhaite installer des martelières (2), manipulées et gérées par des agents de la CABT. Qui seront également chargés de l’entretien des ouvrages. Aujourd’hui, un agent est déjà affecté à la gestion du barrage anti-sel, situé sur la commune de Frontignan.
Jean-Pierre SOUCHE
(1) Règles de niveau qui seront calées sur la topographie, afin de permettre de mesurer les variations des hauteurs d’eau.
(2) Vanne ou panneau vertical qui permet de régler le débit d’eau dans un canal.
11:02 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.04.2007
Développement durable : Les BTS de Joliot-Curie s'engagent
Une semaine thématique intégrée au projet d’établissement
Qui a dit que les moins de 20 ans cueillaient leur jeunesse sans se soucier de l’avenir ? La Semaine du développement durable, qui a pris racine ce mois-ci dans divers lycées de France, tend à prouver le contraire.
Et il en sera de même à Sète, où bon nombre de classes de Joliot-Curie accueilleront par exemple les exposés des élèves toute la semaine durant. Et pas seulement. Une poignée d’étudiants en BTS gestion de l’établissement s’est en effet engagée plus avant dans cette opération pour enrichir le programme qui se déclinera du 30 avril au 4 mai. Aurélie, Aymeric, Sébastien et Guillaume organiseront ainsi la semaine prochaine un cycle de conférences faisant intervenir des spécialistes de l’environnement (avec Ifremer), du climat (Météo France), de la collecte et du traitement des déchets, avec la collaboration de l’Agglo de Thau.
Parallèlement, un concours d’œuvres d’art sur la base d’objets de récupération, ouvert à toutes les classes du lycée, est lancé. Et les créateurs n’auront hélas pas à aller bien loin pour trouver leur matière première. Un petit tour du côté du Pont-Levis ou même de la plage de La Corniche suffira… Tout au moins jusqu’à jeudi après-midi, jour où les quatre étudiants ont décidé de procéder à un nettoyage en règle de la plage, moyennant un renfort de bras, bien sûr. Une soixantaine d’élèves et d’étudiants seront ainsi à pied d’œuvre jeudi entre 14 et 17 h. « Nous faisons ça pour sensibiliser les lycéens à la nature qui les environne, confient en chœur ces quatre jeunes dans le vent. Et pas seulement la nature. Depuis qu’il est interdit de fumer dans l’établissement, les abords sont jonchés de mégots. » Qui mettront plus d’un siècle à se désagréger.
Patrice CASTAN
Les conférences auront lieu mercredi, jeudi et vendredi matin en salle F 01 du lycée. Les œuvres d’art peuvent être déposées jusqu’à vendredi en salle C 124. Un jury désignera les "vainqueurs" vendredi soir. Infos au 06 72 42 15 91.
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06.04.2007
Nature : Ces algues invasives, l'autre peuple de l'étang
Importées accidentellement, une cinquantaine d’espèces asiatiques ont élu domicile dans la lagune
C’est un scientifique qui décrispe. Thomas Belsher, directeur de recherches à l’Ifremer, à Sète, 64 ans, est l’un des plus grands spécialistes mondiaux des algues sous-marines.
Les algues sont à l’origine de la vie et, accessoirement, de sa carrière. Ces plantes l’ont nourri. Dans tous les sens du terme. C’est tout naturellement que Thomas Belsher a été, entre mille choses, l’un des pionniers en matière de lutte contre l’algue tueuse, la caulerpa taxifolia - qui n’a pas colonisé la côte sétoise - et qu’il a ausculté l’écosystème unique de l’étang de Thau. Au travers du Programme national de l’écologie côtière, géré par l’université de Montpellier. La rigueur est compatible avec l’humour : l’atelier s’appellera "ET" (Espèces introduites) car ce programme s’articule aussi avec un autre, à vocation européenne, initié par un scientifique marseillais baptisé "Aliens"… Une fois leurs efforts unis pendant 18 mois, un constat a été dressé en 2006 conforme aux hypothèses de départ et qui sera bientôt publié dans une revue scientifique de renommée mondiale : plus de 50 algues exotiques ont été importées depuis les années 70 dans la lagune, dont l’envahissante et pionnière sargasse.
« On sait maintenant qu’elles sont toutes d’origine asiatique, principalement du Japon. Et qu’elles ont été importées en même temps que les huîtres japonaises qui ont permis, après les malaïgues de réensemencer l’étang. » Et qu’elles ne sont pas arrivées accrochées sur des coques de bateau : un chercheur associé, Frédéric Mineur, un Belge de l’université de Belfast, a gratté 30 coques pour le prouver.
Ces algues peuvent-elles se retrouver dans d’autres secteurs conchylicoles ? « Oui, sans réserves : nous avons simulé les conditions de transports des professionnels ; nous avons "cultivé" ces huîtres en aquariums et nous avons découvert qu’une dizaine de ces nouvelles espèces d’algues y avait été importée. » Ces algues, qui n’existent nulle part ailleurs en Europe, sont-elles viables ailleurs que dans l’étang ? Question insondable.
« L’étang de Thau accueille une extraordinaire biodiversité. C’est un vrai jardin botanique lié à plein de choses, comme la présence importante de nutriments. Tout vit dans un équilibre incroyable. » Idem pour les 50 algues exotiques dont aucune n’a - encore - explosé. « On ne sait pas comment cet équilibre-là est aussi possible, mais c’est comme ça. Pourvu que ça dure pour tout le monde. » Au terme de cette véritable « enquête policière » sur l’acclimatation de végétaux marins, les scientifiques sont allés sonder le bassin d’Arcachon. Le résultat est sans appel : une dizaine d’espèces se sont - déjà – retrouvées dans ce bassin ostréicole. Et le scientifique d’alerter : « Notre mission, c’est de faire un diagnostic. On a des preuves multiples de déséquilibres. » Et de citer les îles Kerguelen où l’introduction de bovidés a empiété sur la nidification des Albatros, par exemple. « De façon générale, une espèce qui réussit en milieu étranger en détruit d’autres. Avec nos petites connaissances sur les écosystèmes, on n’est pas capable de prévoir. Il y a des tas d’espèces qui disparaissent du fait de l’action de l’homme de la forêt amazonienne sans avoir été identifiées. Quant à l’étang de Thau, pourquoi y a-t-il des eaux rouges, blanches, parfois du plancton toxique… ?»
Olivier SCHLAMA
11:53 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.03.2007
Décharge : Naudin inquiet pour Issanka, Piétrasanta consulte
Les Verts du département sont tiraillés au sujet du projet de décharge d’ordures ménagères à Fabrègues. La semaine dernière, le secrétaire départemental des Verts de l’Hérault Laurent Dupont, accompagné du secrétaire du groupe local des Verts de Sète et candidat aux législatives Gérard Naudin et de Philippe Masserini, président de l’association des Gardiens de la Gardiole s’est rendu à la source d’Issanka.
Là où Sète puise l’essentiel de son eau potable, les trois personnes ont stigmatisé le danger que pourrait faire porter la prochaine décharge de Fabrègues : « Issanka se situe à la frontière entre deux zones géologiques qui se partagent la même nappe phréatique, or l’irréversibilité de tout versement de lixiviats (Ndlr. résidus liquide produits par les décharges) dans la nappe phréatique fait peser un risque réel sur le bassin de Thau » a indiqué Laurent Dupont. Le secrétaire départemental a appelé à la réalisation de « deux sites supplémentaires d’enfouissement des déchets à l’Est du département ». Il a estimé que c’était la seule garantie « pour que la société Sita ne surdimensionne pas son installation à Fabrègues. »
La taille du projet de Sita inquiète également une personnalité emblématique des Verts du bassin de Thau, Yves Piétrasanta. Le vice président du conseil régional et président de la communauté de communes du nord du Bassin de Thau était resté jusqu’ici disert sur le sujet. Interrogé jeudi dernier, l’élu nous a rappelé sa philosophie sur la délicate question du traitement des déchets : « Les solutions qui font problèmes sont l’incinération, qui constitue un transfert de pollution, et la mise en décharge d’ordures brutes. En règle générale, je suis pour que chacun traite ses affaires chez soi. Je souhaite des décharges à taille humaine. Là, on parle de 200 à 300 000 tonnes, c’est beaucoup. En plus c’est une société privée qui va gérer tout ça, pourrons-nous la contrôler ? » s’interroge l’élu.
Et sur le fond du projet envisagé à Fabrègues, Yves Piétrasanta indique : « Il faut d’abord savoir si ce sont uniquement des déchets ultimes qui iront dans cette décharge. Et, sur les éventuels risques de pollution pour le bassin de Thau, j’ai demandé au bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), qui fait autorité, de m’indiquer si oui ou non, la menace existe pour les nappes phréatiques. J’attends une réponse. »
Jean-Pierre SOUCHE
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