15.11.2007

Les rejets de carénage, limités mais pas négligeables

CABT et CCNBT ont engagé un diagnostic pour la préservation des systèmes d’assainissement


Il y a certes des industries plus polluantes, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, dit-on, et il en est hélas de même en terme de pollution.


Aussi la petite manifestation conviviale et ventée organisée vendredi par Dominique Maillard, gérant du chantier balarucois Technotick, a-t-elle attiré plusieurs élus et techniciens concernés par les systèmes d’assainissement et, plus en aval pourrait-on dire, la protection du milieu naturel. Encore faut-il préciser que la présentation par Technotick d’un système complet de recyclage des effluents issus du carénage tombait plutôt bien puisque coïncidant avec l’action engagée autour de la préservation des systèmes d’assainissement.


Menée par les deux intercommunalités du bassin de Thau en partenariat avec l’Agence de l’eau, elle vise à identifier les rejets illicites qui mettent à mal les systèmes d’assainissement - lagunages essentiellement -, souvent issus de l’industrie. « Les rejets non maîtrisés dans le réseau d’un "pinardier", par exemple, représentent l’équivalent de ceux de 1 500 habitants », confie-t’on du côté de l’Agglo de Thau. Et la « charge organique » de ces rejets directs - le plus souvent illicites - plombe les stations d’épuration par l’afflux de matières « qu’elles ne peuvent digérer ». Les techniciens des intercommunalités bordant la lagune avouent ainsi être intéressés par « tout ce qui se fait comme système permettant de traiter les effluents. Cela permet, au-delà de l’information que nous diffusons auprès des industriels, de leur proposer de vraies solutions. » Côté effluents issus du carénage des bateaux, la CABT a d’ores et déjà recensé 34 entreprises concernées sur le bassin de Thau, « hors associations et ports départementaux ». Des privés qui, en principe, sont équipés de façon à ne rien rejeter dans le pluvial, et donc dans le milieu. Mais ce que ces derniers ignorent peut-être - message que l’agglo va s’attacher à faire passer - c’est que les rejets d’effluents dans le réseau d’assainissement sont eux aussi proscrits. Tout au moins avant l’obtention d’une autorisation de la CABT soumise à l’analyse de ce qui, en aval, devra être "ingurgité" par la station d’épuration.


Tout ceci sachant que ceux qui, à l’instar du chantier balarucois, jouent le jeu, peuvent se voir proposer des aides financières à l’équipement.

Patrice CASTAN

02.10.2007

L'Europe autorise à nouveau la pêche à l'anguille

Les pêcheurs locaux luttaient depuis quatre ans déjà contre un projet d’interdiction de cette pêche en Méditerranée


C’est un "ouf" de soulagement qui a accueilli, la semaine dernière, la parution au Journal officiel de l’Union européenne (UE) du règlement pour la reconstitution du stock d’anguilles. Alors que toutes les craintes pesaient sur la position qu’adopteraient les instances communautaires, elles ont finalement entendu, et validé, les arguments des pêcheurs et instances professionnelles méditerranéennes.


« Sur cette affaire, l’ensemble des pêcheurs d’anguilles de Méditerranée doit beaucoup à Denis Moreno, insiste Henri Gronzio, le président du Comité régional des pêches. Il est monté à Bruxelles pour leur expliquer, les yeux dans les yeux, de quoi il retournait. » Un prud’homme major de l’étang qui a été convainquant sur la spécificité méditerranéenne. Laquelle n’a pas, cette fois, été un vain mot.


Rappel des faits. Estimant la ressource menacée, l’UE élaborait il y a déjà plusieurs années un projet d’interdiction de la pêche à l’anguille en Méditerranée - et de d’utilisation des capechades, engins de pêche susceptibles de piéger l’animal - applicable au 1er janvier 2004. Ce faisant, explique Denis Moreno, « l’Union pensait ne léser personne puisque, vu que nous ne fournissions pas de déclarations de capture sur l’anguille, elle estimait qu’aucun pêcheur méditerranéen ne vivait de cette pêche ». Dès 2003, les représentants de la pêche méditerranéenne se rendaient à Bruxelles, parvenant à prouver que 500 pêcheurs dépendaient, pour tout ou partie de leur activité, de la pêche à l’anguille, s’engageant par ailleurs à fournir des déclarations de capture.


Les instances européennes prenaient acte, et rectifiaient le tir, demandant toutefois aux pêcheurs de Méditerranée de prouver que les lagunes offraient audit poisson un "taux d’échappement" vers la mer d’au moins 40 %. Ce qui a, depuis, été prouvé avec un taux de sortie estimé à 59 % sur l’étang de Bages.


En outre, décidée à mener à bien sa campagne de repeuplement, la communauté européenne annonçait vouloir porter la taille minimale de capture de 12 à 25 cm, les anguilles n’atteignant pas cette taille étant censées être prélevées uniquement à des fins de repeuplement des rivières.


Nouvelle pierre d’achoppement : « Une telle décision aurait eu de lourdes conséquences, confie Denis Moreno. D’une part parce que, dans nos capechades, il se trouve toujours quelques anguilles de 20 à 25 cm, ce qui aurait pu nous valoir des sanctions. D’autre part parce que ce sont justement ces anguilles qui sont utilisées pour pêcher le loup, au croc. Par ailleurs, réserver les moins de 25 cm à l’alevinage aurait été une incitation à "pêcher petit", vu que le prix d’achat de ces petites anguilles est quatre à cinq fois supérieur à celui des grosses. L’appât du gain, même à des fins de repeuplement, aurait pu conduire à vider nos étangs de leurs juvéniles. »


Un dernier argument qui a semble-t-il fait son effet à Bruxelles puisque l’UE a fait machine arrière, maintenant finalement la taille minimale en capture à 12 cm. Mais la plus grande victoire des pêcheurs méditerranéens, et de la pêche plus globalement, est ailleurs : « Dans cette affaire, nous avons réussi à faire passer que la disparition des espèces est plus due à la dégradation de la qualité du milieu qu’à la pression de la pêche - lire ci-contre. Sinon, comment expliquer que sur l’étang, avec quatre fois moins de pêcheurs que par le passé, il y ait toujours moins de poissons ? »


Patrice CASTAN

En 2005, 87 tonnes pêchées, pour 520 000 euros

Que représente la pêche à l’anguille dans les lagunes méditerranéennes et plus spécifiquement dans le bassin de Thau ?

Voilà la question à laquelle les représentants professionnels locaux ont dû répondre avant que l’Europe accepte de réviser sa copie en terme de préservation dudit poisson.


Ainsi la prudhomie locale a-t-elle dû solliciter des pêcheurs l’établissement de déclarations de capture, qui en disent plus long sur la place de l’anguille dans Thau. En 2005, elles représentaient tout de même la troisième "ressource" - en valeur - de l’étang, après les palourdes et les dorades.


Cette année-là, quelque 70 pêcheurs en avaient "sorti" près de 87 tonnes. A 6 € le kilo en moyenne, elles avaient généré un chiffre d’affaires de plus de 520 000 €.


On comprend mieux pourquoi le projet d’interdiction totale de cette pêche, brandi par l’Europe au début des années 2000, avait suscité un tollé en pays de Thau. Et pourquoi les instances européennes avaient bien voulu entamer le dialogue à condition que des déclarations de capture soient enfin établies par les professionnels…

06.09.2007

Etang : Phosphates et nitrates inquiètent les pêcheurs

La prolifération d’algues empêche la pêche de la palourde

Mardi soir, au foyer rural de Bouzigues, les pêcheurs de l’étang de Thau, ont manifesté vivement leur inquiétude quant à l’avenir de leur activité. Lors d’une assemblée générale de la prud’homie organisée en urgence à leur demande, les pêcheurs en apnée notamment n’ont pas caché leur exaspération face à la prolifération d’ulves et au dépôt de vase au fond de la lagune.


« La marchandise pourrit et petit à petit tous les plans "coquillés" meurent, il n’est plus possible de travailler. Chaque année le phénomène prend de l’ampleur », a expliqué la quarantaine de pêcheurs présente au prud’homme major de l’étang Denis Moreno et au président du comité régional des pêches maritimes, Henri Gronzio. Toutes les zones de pêche seraient aujourd’hui touchées par la prolifération des algues, alors que la météo, cet été, n’a pas été particulièrement propice à leur développement. « Il n’y a plus autant de courant qu’avant, il n’y a qu’après avoir dragué le fond que l’on peut travailler », ont expliqué les pêcheurs. Puis, ils ont également désigné, selon eux, les principaux responsables de la situation : « Le problème ce sont les nitrates et les phosphates provenant des stations de lagunage. » Denis Moreno a tenté d’atténuer ces critiques estimant que les dysfonctionnements dans les canalisations d’eaux usées, la cabanisation du bassin versant, les rejets des milliers de petits bateaux de plaisance qui traversent l’étang ou encore la qualité des eaux du canal du Rhône à Sète aggravaient la situation. « Portons plainte chaque fois ! » ont alors réclamé, à l’unanimité, les pêcheurs. Une menace que n’exclut plus la prud’homie. Elle devrait d’ailleurs rencontrer prochainement son avocat.


Dans l’immédiat toutefois, et pour parer à l’urgence, les pêcheurs ont décidé de se retrouver samedi matin à Marseillan, pour draguer à la barre la zone du Pioch. « Il s’agit d’un test » a indiqué la profession. Si le résultat est concluant, le dragage pourrait être étendu à toutes les zones de pêche de l’étang.


D’ailleurs, Denis Moreno a insisté pour que « la gestion de la ressource ne soit plus dissociée de celle des milieux ». Quant au conseiller général de Sète Francis Crouzet, qui assistait également à l’assemblée, il a incité les pêcheurs à « insister pour que les eaux traitées dans les lagunages rejoignent la station d’épuration de Sète.»


Jean-Pierre SOUCHE

11.08.2007

Expérience : Hydroliennes sur l'étang : un coup dans l'eau ?

Deux engins solaires censés favoriser l’oxygénation ont été mis en place au Mourre-Blanc en juin


C’est plutôt mal tombé. Même si nul ne se plaindra - tant du côté de la Section régionale conchylicole que des producteurs - d’un été frais et venté, qui a fait que l’étang est aujourd’hui saturé, voire sursaturé par endroits, en oxygène.


Les conditions idéales, en somme, pour élever des coquillages mais assurément pas pour tester des engins censés, justement, oxygéner un plan d’eau dont on s’attendait qu’il soit, en cette période de l’année, proche de l’atrophie.


La semaine dernière à Marseillan, le bilan de presque deux mois d’action des hydroliennes dans deux bassins du port du Mourre-Blanc, à Mèze, a donc été plus que contrasté, les conditions météo de cet été 2007 ne permettant pas de se faire une idée précise des avantages du dispositif. « L’apport d’oxygène conséquent à l’action des deux aérateurs n’est pas spectaculaire, confirme ainsi Denis Régler, le directeur de la Section régionale conchylicole, car justement, le milieu n’a pas eu besoin d’eux cette année pour rester très oxygéné. L’oxygène se diffuse plus aisément dans un milieu atrophié et nous aurions assurément pu mieux juger des résultats en période de malaïgue.» Et de malaïgue, cette année, il ne devrait pas y avoir.


«Le seul inconvénient du temps qu’il fait, c’est que les résultats ne sont pas parlants, ajoute le directeur. En revanche, les coquillages et notamment les moules de l’étang, sont excellents.»


Comme les responsables professionnels, les fabricants desdites hydroliennes signeraient bien aujourd’hui pour « un petit coup de chaud » qui permette d’expérimenter véritablement des engins peut-être salvateurs en cas de malaïgue. Même dépit du côté des collectivités territoriales partenaires, d’ailleurs, le conseil général ayant financé cette année un suivi scientifique de l’opération assez pointu.


Seul signe sensible de l’action bénéfique des hydroliennes, « la courbe d’oxygénation d’un bassin équipé qui semblait être au-dessus de celle d’une zone qui ne l’était pas ». Piètre consolation. Qu’à cela ne tienne : l’expérience sera prolongée, à Mèze, jusqu’au début du mois de septembre, où de nouveaux résultats seront assurément examinés de près.


Patrice CASTAN

14.06.2007

Expérience : Des hydroliennes pour oxygéner l'étang

L’atrophie de la lagune est à l’origine des malaïgues dévastatrices


Les attaques des dorades, comme les ravages causés par les malaïgues à répétition, ne sont plus une fatalité sur l’étang. Ou, tout au moins, la Section régionale conchylicole (SRC) a-t-elle décidé de prendre ces problèmes à bras le corps. Si les voraces carnassiers semblent en partie muselés (lire ci-dessous), la lutte contre les malaïgues, aussi empirique mais faisant appel à une tout autre technologie, vient d’être amorcée.


Au cœur du port du Mourre Blanc, à Mèze, ont ainsi été installées dernièrement des "machines" fonctionnant à l’énergie solaire. Deux hydroliennes prêtées à la SRC par deux sociétés privées - l’une de fabrication canadienne, l’autre franco-canadienne - à des fins d’expérimentation. « Ces entreprises ont voulu s’associer à notre démarche pour mesurer l’efficacité de leurs procédés en milieu marin, explique Philippe Ortin, le président de la SRC. Et le conseil général a accepté de financer le suivi de l’opération en terme d’oxygène et de sédimentation, qui sera réalisé par la SDEI (société de distribution des eaux intercommunales). »


Aujourd’hui, deux drôles d’engins aux airs de pédalos, coiffés de panneaux solaires et amarrés au fond de l’étang via des corps morts, tentent ainsi de faire leurs preuves sur l’étang.


Le premier - dont le coût à l’achat avoisinerait les 30 000 € - est prévu pour oxygéner environ six hectares. Les panneaux solaires alimentent un "arbre" vertical et son hélice, qui peuvent être réglés sur une profondeur allant de 2 à 20 m. Un modèle qui ne fonctionne qu’en journée puisque n’étant pas équipé de batteries. La seconde hydrolienne, « plus sophistiquée », est prévue pour oxygéner un bassin de 14 hectares.


Capable de stocker l’énergie et donc de fonctionner 24 h / 24, cette dernière relève également certaines données. Son prix d’établirait autour de 45 000 €. Le principe régissant l’oxygénation de l’eau est quant à lui similaire : l’hélice immergée et alimentée par l’énergie solaire brasse les eaux de la lagune. Et c’est au contact de la surface que le courant vertical ainsi généré produit de l’oxygène. De quoi en saturer les eaux des bassins du Mourre Blanc en quelques semaines, selon les fabricants, et donc exclure tout départ de malaïgue.


Pas plus encombrantes ni plus lourdes qu’un petit canot, ces hydroliennes présentent l’avantage de pouvoir être facilement déplacées sur l’ensemble de l’étang en fonction des saisons. « Elles pourraient très bien être installées l’hiver à la crique de l’Angle et à la retenue de Rilhac, estime Philippe Ortin, pour être ensuite déplacées, l’été, au milieu des zones de production. »


Quant aux raisons qui ont amené la SRC à s’orienter vers le solaire plutôt que l’éolien, elles sont simples : « Parce qu’en période de malaïgue, justement, il n’y pas de vent. »
Forcément.


Patrice CASTAN

19.05.2007

Etang : Soixante plongeurs étudient les hippocampes

Les stagiaires laissent leur place au fond de l’eau aux professionnels. Hier et jeudi, ils étaient vingt plongeurs français, suisses et belges à participer à l’opération Hippo-Thau. En formation, ils se sont initiés aux méthodes scientifiques d’étude des hippocampes, la découverte des différentes espèces, leur environnement, et leur observation en milieu naturel.


Aujourd’hui et demain, ce sont près d’une soixantaine de plongeurs professionnels déjà formés qui se jetteront à l’eau. Ils partent des bases nautiques du Barrou et de la Station Marine de l’Environnement Littoral (SMEL), à la plagette.
Rendez-vous tous les soirs avec les plongeurs et les organisateurs à 17 h 30 à l’école de plongée sétoise (Le Neptune 1, Les Quilles, Sète, 04 62 22 43 93).

10.04.2007

Etang : Débat autour du schéma de mise en valeur de la mer

Le SMVM du bassin de Thau a été approuvé par décret en conseil d’État le 25 avril 1995


Un peu plus de onze ans après sa mise en place autour du bassin de Thau, l’avenir du Schéma de mise en valeur de la Mer paraît susciter ces derniers temps, quelques interrogations. Ce schéma qui organise la gestion et la mise en valeur du bassin de Thau en affirmant la vocation prioritaire à la pêche et aux cultures marines semble pourtant, jusqu’ici, tenir ses promesses.


Né au forceps après plusieurs années d’une intense et fructueuse concertation entre l’administration, les élus locaux, les organisations professionnelles et les associations, ce texte joue aujourd’hui le rôle d’arbitre entre les différents utilisateurs de la mer et du littoral.


Ici, entre étang et bassin versant, il a impulsé une approche solidaire de l’espace en se souciant toujours de protéger les activités pêche et conchyliculture. Six différentes zones ont ainsi été déterminées. Elles ont été respectivement affectées à la pêche et aux cultures marines, à la protection du milieu et des équilibres biologiques, aux constructions et aménagements urbains, aux activités industrialo-portuaires, commerciales et artisanales, aux activités de tourisme, de loisirs et de navigation et enfin, à l’exploitation agricole.


Mais aujourd’hui, la pression immobilière toujours très forte et l’arrivée de nouveaux textes législatifs font naître un vif débat sur l’avenir du SMVM. On trouve d’un côté, les partisans du maintien du texte et de l’autre, ceux qui sont prêts à le faire évoluer, par exemple en lui préférant un volet maritime dans le cadre du schéma de cohérence territoriale (Scot) actuellement en discussion dans le bassin de Thau.


Les premiers, dont le député communiste François Liberti accusent les seconds, dont le maire de Sète et président du syndicat mixte François Commeinhes de vouloir remettre finalement en cause la vocation prioritaire reconnue à la pêche et à la conchyliculture dans la lagune.


Un reproche que l’intéressé récuse. L’élu estime au contraire qu’il s’agit de la seule solution pour, à la fois pérenniser la protection de l’espace lagunaire et les activités conchylicoles tout en opérant les retouches nécessaires au SMVM actuel.


Jean-Pierre SOUCHE

22.02.2007

Les pêcheurs invités à patienter trois semaines

A Paris, une délégation a réitéré sa demande d’allégement de charges au pro rata des jours où l’étang a été "fermé" en 2006

En septembre dernier, un appel à se réunir en terre mézoise avait confirmé leurs craintes. Les pêcheurs du bassin de Thau, connaissant mieux que quiconque les fonds de la lagune, étaient catégoriques : la malaïgue de l’été avait eu et aurait encore un impact important sur l’état de la ressource, qu’il s’agisse du cheptel de poissons ou de coquillages. Peu d’oursins "rescapés" de l’anoxie, pas de moules sauvages, plus de patchelines et une forte mortalité sur le "poisson fourrage", nécessaire au maintien de carnassiers tels que le loup.


« Avant même l’établissement des déclarations de capture 2006, je peux vous assurer que la malaigue aura son impact », avait alors affirmé le prud’homme major, Denis Moreno. Manque à gagner d’autant plus malvenu qu’il venait s’ajouter à une année de vaches maigres...


Au total, pour cause d’algue toxique, de malaïgue ou de "mauvais prélèvements" en certains points de l’étang, les pêcheurs de Thau ont en effet subi un "chômage technique" de plus de 120 jours en 2006 ! Quatre mois où, s’ils n’ont rien sorti de l’étang, ils ont toutefois acquitté le "rôle", des charges représentant environ 1 500 € par trimestre.
Le Marseillanais Denis Moreno avait, dès l’automne, confirmé son intention de demander à l’Etat des allégements de charges au pro rata des jours chômés en 2006. Puis, le 29 janvier dernier, c’est dans le calme que la moitié environ des 300 pêcheurs de Thau exprimait sa colère, à Sète, devant les Affaires maritimes, rappelant l’urgence de la situation.
Mercredi dernier, c’est une délégation représentant la Prud’homie de l’étang, le Comité local des pêches maritimes et des élevages marins de Sète, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins du Languedoc-Roussillon qui s’est finalement rendue place Fontenoy, à Paris, à la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture. Objectif ? Rencontrer Damien Caze, le directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture ; Gaëtane Potard, chargée de mission au Bureau de l’économie des pêches, ainsi que le directeur des Affaires maritimes du Languedoc-Roussillon, Philippe Moge.


La délégation représentant les professionnels des pêches maritimes a réitéré sur place l’ensemble des doléances exprimées depuis de longs mois et qui ont été portées par les professionnels auprès des Affaires maritimes, fin janvier. Elles concernaient notamment le manque à gagner résultant des mois de fermeture de la lagune pour les pêcheurs de l’étang. Si, à l’issue de cette entrevue, aucun engagement n’a été pris à ce sujet par la Direction des pêches sur les montants et sur le nombre d’individus concernés par les indemnisations, un engagement à traiter le dossier dans les trois semaines à venir a été acté. La délégation a pour sa part réitéré son souhait de voir les pêcheurs « traités avec respect et dignité » et de pouvoir donc « aller plus loin dans le cadre d’une démarche concertée et constructive, sans quoi chacun prendra ses responsabilités ».


Les responsables professionnels se sont pour leur part engagés à à proposer un compte-rendu complet de la situation au cours d’une assemblée générale à destination des professionnels de l’étang de Thau. Elle sera programmée à l’issue des trois semaines de délai demandées par la Direction des pêches. « La balle est dans leur camp », estime Denis Moreno.


Patrice CASTAN

17.02.2007

Balaruc et Bouzigues priées d'urbaniser plus tard

Les deux communes souhaitent ouvrir deux zones agricoles du SMVM à l’urbanisation


La délicate question de l’urbanisation autour de l’étang de Thau empoisonne le syndicat mixte. Jeudi soir, les représentants des communes réunis à la salle Tarbouriech ont poussé deux des leurs, Bouzigues et Balaruc, à renoncer « pour quelque temps », à leur projet de révision de leur plan local d’urbanisme.


Sous la pression du préfet Michel Thénault et de dizaines de conchyliculteurs présents à cette séance publique (lire ci-dessous), le président du syndicat mixte du bassin de Thau a demandé et obtenu de la part d’une majorité d’élus, le retrait des deux délibérations concernant les révisions.


L’ordre du jour initial de la séance prévoyait pourtant de proposer à l’assemblée de donner un avis favorable à la demande des deux cités. François Commeinhes s’est expliqué sur ce revirement. Il a parlé du contexte psychologique : « La CABT et la CCNBT s’engagent dans un programme ambitieux d’investissements en matière d’assainissement. On n’est pas à un an près pour ouvrir à l’urbanisation certaines zones. Il faut être cohérent, à l’heure où nous imposons à nos populations une taxe solidarité Thau, et alors que fin 2008 on saura si l’on peut continuer à pratiquer la conchyliculture dans l’étang, nous avons des signes à donner. On ne peut pas avoir deux discours et ouvrir à l’urbanisme certaines zones avant d’avoir réalisé ces travaux. »


Une position à laquelle se sont ralliés, un peu gênés aux entournures, les maires de Marseillan, Mèze, Vic et le Frontignanais Alain Combes. Seuls les maires de Villeveyrac et Loupian ne se sont pas prononcés. Christian Turrel a simplement susurré : « Je ne vais pas rajouter à la démagogie ambiante de mes collègues élus. »


C’est que du côté des deux communes concernées, la volte-face du syndicat mixte n’a été guère appréciée. Le maire de Bouzigues, Louis Higounet a insisté sur la récente décision du tribunal administratif saisi par le préfet sur cette demande de révision (Midi Libre du 11 février) : « Sur la forme, le tribunal constate que cette assemblée n’a pas donné un avis mais sur le fond, le préfet a été désavoué. » Et Louis Higounet n’a pas exclu, après un temps de réflexion, d’attaquer la position du syndicat mixte devant le tribunal administratif.


De son côté, comme à son habitude, le maire de Balaruc-les-Bains Didier Sauvaire a été on ne peut plus direct. S’adressant aux conchyliculteurs, il a lancé : « Tout le monde fait des efforts, on va remettre cette question jusqu’à quand ? Nous devons aussi conduire nos communes et créer des emplois, mettre en place des logements sociaux. Cela nécessite un développement », a-t-il expliqué avant de quitter la séance. Une séance qui pourrait avoir de sérieuses répercussions sur le consensus qui régnait jusqu’ici au sein du syndicat mixte.


Jean-Pierre SOUCHE

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