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18.10.2007

Exposition : 1907-2007, de la vigne et du vin

Sous le titre « 1907-2007, de la vigne et du vin », les médiathèques de l’agglomération de Thau proposent plusieurs manifestations célébrant le centenaire des événements de 1907, la révolte des vignerons.


Pour tenter de répondre aux questions : « Aujourd’hui, quelle est la situation pour la viticulture et ses métiers ? Quel est leur devenir ? », les médiathèques ont regroupé archives, artistes contemporains, comédiens, historiens, vignerons, cinéastes et professionnels du vin.


Le coup d’envoi des manifestations sera donné demain, à la médiathèque François-Mitterrand de Sète, dans la salle de Conférences, à 18 h 15, avec le vernissage de l'exposition. Elle a été réalisée en occitan par l’Institut d’Estudis Occitans-Aude avec l'appui du conseil général de l’Aude (Célébrations 1907) et de la DDJS-Aude. Des traductions en français accompagnent les panneaux.


Ce vernissage sera animé par le Cercle occitan sétois avec une mise en scène de l’exposition autour de la lecture de lettres de vignerons, de discours de Marcellin Albert, à la tëte du mouvement de révolte, de chants de vignerons. Une découverte des vins du Languedoc sera proposée.


En parallèle, une exposition d’œuvres réalisées spécialement par le sculpteur Joël Bast à l’occasion de "Era L’an 1907", sera proposée dans les mêmes lieux.


Ces deux expositions seront visibles jusqu'au 24 novembre aux heures d'ouverture de la Médiathèque François-Mitterrand, boulevard Casanova. Tel 04 67 46 05 06.

11.05.2007

Un artiste malien explore la traite négrière

Jusqu’au 15 mai prochain, l’association sétoise Vent d’Afrique propose, salle Peschot, une exposition de tableaux en batiks (peintures sur tissu) réalisés par B.Brahim, un jeune artiste malien installé au Burkina Faso.
La trentaine d’œuvres exposées, comme la sélection de textes qui les accompagne, traitent toutes d’un sujet particulièrement d’actualité, la date du 10 mai ayant été choisie - depuis 2006 - pour commémorer la traite négrière, l’esclavage et leur abolition. Une exposition soutenue par l’historien Pascal Blanchard, président de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique.


Des textes de Montesquieu, Martin Luther-King, Aimé Césaire ou encore l’ancien président du Ghana, Kwame N’Krumah, accompagnent des toiles assez torturées qui jouent avec habileté des contrastes entre les noirs et les ocres. Et qui reflètent finalement assez bien les conséquences sur l’Afrique entière de l’effrayant Code Noir promulgué par Louis XIV en 1685, « réglementant l’esclavage des noirs ».


Un code devenu caduque après la Révolution française mais dont les applications concrètes furent réactivées par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle. Pour mémoire, la traite négrière ne fut définitivement abolie qu’en 1848. Officiellement en tout cas… A noter, parmi les "perles" à extraire des textes accompagnant les œuvres de B. Brahim, salle Peschot, cette sombre sentence du Roi Soleil : « Déclarons les esclaves être meubles et donc se partager entre les cohéritiers. » Ben voyons… l

Patrice CASTAN


Tous les jours de 17 à 20 h.

12.01.2007

Mémoire : La Retirada, un exode en images à Poussan

Le personnage a de l’épaisseur et, somme toute, le physique de l’emploi. Arrivé en France en 1948, enseignant aujourd’hui retraité, José Delgado a pris son bâton de pèlerin pour revenir sur les lieux d’un drame : la Guerre d’Espagne. Un conflit aux conséquences encore sensibles sur le bassin de Thau et dans l’Hérault où les communes jumelées avec des villages espagnols sont légion, qu’il s’agisse de Caudete (Marseillan), Las coves de Vinroma (Pinet), Lorca (Mauguio)… Et pour cause : suite à la défaite de l’armée de la République en 1939, des villages entiers ont gagné la France, liant définitivement ce conflit extérieur à l’histoire du Midi.


Le sujet est donc vaste. Mais dans sa démarche d’historien, José Delgado s’attache à être précis. Aussi l’exposition - doublée d’une conférence - qu’il propose cette semaine à Poussan a-t-elle été centrée sur un épisode précis de cette guerre civile : la Retirada. Une "retraite" « dont le point de départ est la défaite des Républicains sur l’Ebre et le départ des brigades internationales, fin 1938 ». Dès lors, en un peu plus d’un mois, entre janvier et février 1939, plus de 500 000 Espagnols franchiront la frontière. « Au début, le gouvernement français laissa passer les femmes, enfants, vieillards et blessés, puis des régiments entiers, dont les hommes étaient fouillés comme des voleurs de poules… »


Des soldats pour la plupart sous-équipés « qui s’étaient battus avec de vieux canons, de vieux fusils » du fait des tergiversations des pays voisins. « Je suis même tombé sur le témoignage d’un cheminot qui a certifié avoir vu un train chargé de mitrailleuses et de canons, destiné à l’armée républicaine, rester bloqué en gare de Sète… », confie José Delgado. Une anecdote parmi d’autres, puisée dans des documents écrits parfois inédits et « dix témoignages vivants » de cet exode.


Que devait-il advenir de ce demi-million d’hommes, de femmes, d’enfants ? « Certains purent sortir des camps - Agde, Argelès… – pour peu que de la famille installée en France, ou des amis, viennent les y chercher. D’autres, 150 000 environ, retournèrent en Espagne où le gouvernement franquiste avait promis d’épargner ceux qui n’avaient pas commis de crime de sang. On sait ce qu’il en est advenu… » D’autres, encore, aidés par des "mécènes" de l’exil, tel Pablo Neruda, quittèrent l’Europe pour l’Amérique : « J’ai par exemple appris que le premier paquebot qui avait quitté la France avec des réfugiés espagnols était parti de Sète vers le port mexicain de Veracruz. Ils étaient 1 600 à son bord… »
D’autres enfin, crurent qu’il était possible de reprendre le combat. « Léon Blum avait lui-même pensé faire de la Catalogne la base arrière d’une reconquête républicaine, mais ne fut pas suivi », explique José Delgado. Ils repartirent tels autant de Don Quichotte dans le Val d’Aran, où leur "contre attaque" devait toutefois faire long feu.


Jusqu’à mardi, à Poussan, c’est un peu de ce drame, nourri d’une foule d’histoires personnelles, qui sera conté avec, à l’appui, 80 photos d’archives. José Delgado interviendra, lui, demain à 19 h, histoire d’en finir, aussi, avec « un problème de mémoire ». Un espoir ? « Petit à petit, en Espagne, les statues équestres de Franco disparaissent. Quand elles sont vandalisées, elles ne sont pas remplacées. Et des recherches ADN sont faites sur les restes des fusillés. Peut-être le signe d’un changement… »


Patrice CASTAN

L'exposition est visible jusqu'à mardi inclus, à la MJC de Poussan, 1 rue des Horts. Contacts au 04 67 78 21 26.

22.12.2006

Di Rosa : "Je suis un modeste globe-trotter de l'art"

medium_dirosa.jpgL’artiste sétois vient d’exposer à la Galerie Louis Carré à Paris


Que ramenez-vous de vos quatorze étapes à l’étranger ?


L’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie produisent des images et des objets qui nous parviennent peu en Occident. J’ai eu envie d’aller à leur rencontre. Pour comprendre ces images et ces objets, quoi de mieux que de les fabriquer avec l’aide des artisans de ces pays. Mon travail est un mélange d’art populaire occidental - bandes dessinées, affiches - de culture occidentale - Matisse, Picasso, Dubuffet surtout - et de culture marginale. J’ai regroupé cela plus tard sous le terme "d’arts modestes".
Ces voyages m’ont appris à aborder la peinture d’une autre manière que dans mon atelier : la main d’autres artisans agit sur mon travail, avec des matériaux complètement nouveaux pour moi.
Ce qui m’intéresse, là-bas, c’est le moment où leurs pratiques traditionnelles rencontrent l’Occident, notre monde urbain et contemporain ; ainsi j’ai travaillé pendant deux ans avec six artisans zoulous.


Quelle est l’idée derrière ces voyages et cette expo ?


Avancer et ne pas rester focalisé sur son ego, sur son travail. Le voyage est un essai de compréhension du monde. J’essaie de photographier le monde comme il est, à travers ses images et ses objets et les techniques qui les fabriquent.


Miami est une de vos dernières étapes ?


J’y ai fait une série de sculptures en résine polyester, la matière du rêve américain. Mais aussi une série de paysages : c’était la première fois que je m’intéressais à l’architecture. Les endroits que j’y ai peints sont ceux où je passais tous les jours : des lieux qui paraissent communs et sans intérêt. Mais après y être passé une centaine de fois, j’ai voulu les glorifier. Aux Etats-Unis, ces œuvres n’ont pas été bien comprises : les gens n’ont perçu que le côté misérable. Alors que j’ai essayé d’y montrer une espèce de beauté intrinsèque.


Vos projets ?
Je m’installe "un peu" à Paris. J’ai envie de continuer les paysages, de Paris et de la banlieue nord ; mais aussi de Mexico où j’avais travaillé sur l’imagerie populaire, mais pas sur l’architecture.


Et à Sète ?


Mon vrai projet c’est le Musée des arts modestes qui a besoin de beaucoup de soutien : c’est difficile pour un tel projet atypique, un lieu de débats qu’il faut développer et soutenir. Actuellement, il y a l’exposition Bang Bang. Nous ferons une expo sur les joutes et, cet été, une autre sur les graffitis et l’art des rues dans le monde : une douzaine d’artistes vont intervenir in situ.


Vous avez des projets sur des bâtiments publics…


Je ne suis pas tellement d’accord sur les commandes publiques : ça flatte l’ego de l’artiste et de l’élu, mais est-ce bon pour la population ? Certes j’ai fait la salle des mariages à la mairie de Bobigny, mais avec la population, pas en imposant l’image Di Rosa. Ce doit être utile et fait en relation avec les gens qui vont l’utiliser. Dans le Sud, les élus ne vous ont pas approché… J’ai fait de grandes céramiques aux entrées de Sète et un mural au Corum. Mais les élus préfèrent des artistes parisiens, comme pour le tram. D’ailleurs, je ne me vois pas comme artiste régional. Né à Sète, je ne me considère pas marqué dans mon travail parce que je suis de Sète.


Quelle est votre philosophie esthétique ?


Les images - à la télé, sur les murs - déterminent beaucoup de choses dans le monde. Tout est devenu image : cela peut transformer les esprits et j’ai voulu me servir de ça pour comprendre les autres. Mes voyages sont d’abord un essai de compréhension de l’autre…


Qu’est devenue la "figuration libre"…?


Combas, Boiron, on n’a vraiment travaillé ensemble que dans les premières années, et puis, chacun a suivi sa voie.
Je ne suis qu’un modeste globe-trotter : quand je travaille avec ces gens de pays lointains pendant des mois, je commence à échanger et j’apprends. De retour en occident, j’essaye de transmettre.


Quel artiste vous a le plus influencé ?


Dubuffet, avec tout ce qu’il a développé sur l’art brut, est un pilier : avec sa facilité à voir large et à ne pas rester dans un style, dans son univers. Il nous a ouvert à l’art brut, à l’art des marginaux. J’ai produit mon propre écosystème, un peu marginal : j’arrive à produire des œuvres ailleurs, avec d’autres, sans rester forcément dans mon atelier. Beaucoup d’artistes ont du mal à entrevoir ce qui se passe en dehors de leur œuvre. Moi j’essaye de faire le contraire.

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Recueilli par Gérard ROUSSET
Hervé Di Rosa expose également à Montpellier à la galerie Hambursin-Boisante, 15 boulevard du Jeu de Paume.