18.04.2008
Braquages en série dans le centre-ville
Depuis début février, il y a eu au moins cinq braquages ou tentatives
Delphine le Sausse est venue spontanément lui apporter son soutien, hier matin. En tant que pharmacienne, élue (à la circulation et au stationnement) et voisine du gérant du tabac du 7 rue Henri-Barbusse. Gérard Verdier a été braqué, la veille.
« Trois mecs encagoulés, dont deux étaient armés, ont fait irruption, peu après 14 heures, dit-il. Ça a été très vite : 3 ou 4 minutes. Ils sont repartis à pied avec la caisse et des paquets de cigarettes. » Butin : environ 600 €, dont 300 € en liquide.
Le gérant a bien tenté de leur résister. « J’ai pris des coups de crosses sur la tête », dit-il arborant des points de suture posés à l’hôpital. « Ils m’ont aussi frappé à l’épaule… Je suis choqué. J’ai dû prendre des calmants. C’est la seconde fois que ça m’arrive. La première, c’était à Noël, il y a deux ans mais ça avait été moins violent. »
En centre-ville, ce n’est pas le seul cas. Le 5 mars, la bijouterie Ellip’or est braquée en bonne et due forme. La PJ est là aussi saisie de l’enquête. « Je n’ai aucune nouvelle », dit la patronne qui, depuis, ferme sa boutique à double tour entre deux clients en attendant une nouvelle porte d’entrée.
A deux pas du tabac, le bar le Cristal, rue du 11-Novembre a lui aussi été la cible des braqueurs. La gérante raconte : « C’était à 6 h 45, le 25 mars. Mon employée en a été pour une grosse frayeur : sans explication, un gars s’est mis derrière la caisse et un devant. Ils ont pris le fond de caisse… C’est grave. » Deux cents euros. Trois jours plus tard, selon les responsables du magasin Mim (vêtements pour femmes), rue Gambetta, la boutique a été la cible de braqueurs. « Il était 14 h 30. J’étais seule, ma collègue faisait sa pause, dit cette commerçante. A priori, ils n’étaient pas armés. Ils avaient le style de gens de l’est. L’un était habillé d’une doudoune et d’un jean, le second en costume et le 3e en veste de cuir. L’un d’eux a commencé à me distraire me parlant soi-disant de modèles pour sa femme.
Pendant ce temps, un complice faisait le guet et le troisième, accroupi, avait réussi à ouvrir la caisse avec un couteau. Mais, surpris par une cliente, il l’a refermée aussitôt, sans rien prendre ! J’ai même entendu l’un d’eux dire : "Quel abruti celui-là, il n’est même pas capable de faire ce qu’on lui demande !" » Est-ce l’œuvre d’une même bande ? Mystère.
En tout cas, rue De-Gaulle, « début février », le magasin Célio a également été la cible de braqueurs. « La vendeuse était au fond du magasin. Ils sont partis avec une somme importante », consent juste à dire le gérant. 700 €.
La plupart se demandent : « A quoi servent les caméras de vidéosurveillance… ? » Jadis à l’origine d’une pétition dans le quartier, Delphine le Sausse reste dubitative. « Ce tabac a été braqué en début d’après midi malgré les caméras. Ça me sidère… »
Olivier SCHLAMA
D’autres braquages, comme le magasin ED, hors centre-ville, n’ont pas été pris en compte.
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07.03.2008
Braquage : Ils raflent quatre vitrines de bijoux en or
Encagoulés, armés, des malfaiteurs ont braqué, mercredi, la bijouterie Ellipt’Or
Traumatisée. Victime d’un braquage en règle, mercredi, à la fermeture, la patronne de la bijouterie Ellipt’Or, boulevard Danièle-Casanova, à Sète, se remémore la scène. Elle s’est passée en une volée de minutes mais qui lui ont « paru très longues ». Forcément. Elle a peu dormi. Et a cauchemardé.
« Il était 18 h 50. J’étais avec une amie, quand deux ou trois hommes, encagoulés, ont fait irruption. Ils n’ont pas dit un mot. Ils ont crié, crié, crié, sans arrêt, tout en nous braquant avec des armes. Ils ont fait beaucoup de bruit. On a compris tout de suite ce qui nous arrivait », répète-t-elle. Une technique pour apeurer. Et se servir tranquillement. Quatre vitrines sont vidées. Un braquage très ciblé : « Ils n’ont pris que des bijoux "tout or" comme on dit dans notre jargon : entièrement en or, argent ou plaqué or, sans mélange d’autre métal ou de pierre. » Des bagues, chaînes, bracelets. Le préjudice, important, est en cours d’estimation. L’or volé ira sans doute alimenter le bizness, via la fonte des métaux.
A ses côtés, ce soir-là, une amie à laquelle elle s’est spontanément agrippée. « On s’est tenues et soutenues. On s’est immédiatement baissées », derrière la banque. comme pour se protéger. « On attendait que ça s’arrête, qu’ils s’en aillent. Je me suis dit : "Ne bouge pas, ils risquent de faire une bêtise". On ne les a même pas regardés. » Aucun coup de feu ne sera tiré. « Même si à un moment, l’un des braqueurs a crié : "On dégage ! On dégage !", on a véritablement compris qu’ils étaient partis quand des témoins sont entrés pour nous demander si on allait bien... »
Pendant ce temps, le mari de l’amie de la patronne patientait dans sa voiture au bout de la rue : « J’étais venu récupérer ma femme à cause du froid », dit-il. « J’ai juste vu qu’ils vidaient tout dans la malle de la voiture garée à côté », note-t-il. La patronne de la bijouterie a beau chercher dans sa mémoire, « je ne me souviens d’aucun client suspect. De plus, la semaine dernière, le magasin était fermé, j’étais en congé ».
La PJ de Montpellier a été saisie. Hier matin, des spécialistes ont tenté de relever des empreintes, avec un produit noircissant les vitres. Que la patronne a tenté d’effacer. Comme elle le fera avec ce souvenir douloureux.
Olivier SCHLAMA
15:27 Publié dans Faits divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2008
100 000 euros s'envolent d'un coffre du ferry Le Corse
En l’absence d’effraction, la police devra entendre les 55 membres d’équipage
C’est une affaire peu banale. Un casse à bord d’un ferry, Le Corse qui, comme son nom ne l’indique pas, relie plusieurs fois par semaine Sète à Oran, Béjaïa et Skidda, trois ports algériens, depuis septembre dernier. Quelque 100 000 € ont disparu du coffre du navire. Envolés. Et sans qu’il y ait eu effraction d’aucune sorte… Ni le bureau derrière lequel se trouve ce coffre ni le sas n’ont été apparemment forcés. Quand à la combinaison chiffrée, les voleurs la connaissaient, visiblement. Les espèces se monteraient à exactement 84 000 € et les chèques à 12 000 €. Le tout correspondant à l’activité commerciale générée pendant la rotation : les recettes des magasins de bord, bars, le paiement des surclassements de passagers, des changements d’installation, etc. Des sommes traditionnellement gardées au chaud le temps d’une ou plusieurs traversées et qui sont transférées régulièrement une fois à quai par un transporteur de fonds.
S’apercevant de cette disparition au moment de déposer de l’argent, le commandant a déposé plainte jeudi soir auprès du commissariat de police de Sète, chargé d’une enquête particulièrement ardue. Ne serait-ce que pour entendre les 55 membres d’équipage… La police scientifique s’est rendue à bord pour tenter de mettre au jour des indices. Dans le même temps, les enquêteurs auraient recueilli des témoignages capitaux sur la disparition des clefs du coffre. Perdues, mais pas pour tout le monde. Complicités, connivences ?
Hier, Le Corse a repris la mer pour rallier l’Algérie. Ses membres d’équipage seront entendus à leur retour à Sète par la police, qui détient la liste complète des personnels de bord. Le coffre du bateau est, en période estivale, notamment quand il assure des liaisons vers… la Corse, nettement plus rempli, vacances obligent. Au lancement de la ligne, deux écrans plasma avaient déjà été volés et retrouvés dans une cabine.
C’est un coup dur pour la SNCM, qui a tenté un pari : renouer avec une liaison qui, faute de rentabilité, avait été abandonnée il y a vingt ans. Aujourd’hui, les pertes s’accumulent. Le trafic passagers (6 800 depuis septembre et 9 200 véhicules) est bon. Pas le fret, originalité de cette ligne « mixte », censée être le fer de lance du renouveau du port de Sète, en crise.
Olivier SCHLAMA
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