28.02.2008
L'hommage de Lamy au peintre Bernard Buffet
Jean-Claude Lamy, journaliste et écrivain, dissertera autour de sa biographie consacrée au subversif peintre français Bernard Buffet
Pourquoi avoir choisi d’écrire une biographie sur Bernard Buffet ?
Parce que je connaissais intimement l’homme. Nous nous sommes rencontrés dans les années 60, lorsque j’étais journaliste à France Soir. J’ai très tôt été marqué par l’esprit rebelle du personnage. Un trait de caractère que j’ai retrouvé chez Françoise Sagan, autre personnalité qui a marqué la culture française, et à laquelle j’ai aussi dédié un livre. La femme de Bernard Buffet - Annabelle - que j’ai régulièrement rencontré jusqu’à son décès en 2005, m’a également un peu appuyé dans ma volonté.
Qu’est ce que vous retenez d’étonnant dans la personnalité de cet artiste ?
C’est quelqu’un qui n'a vécu que pour sa peinture. Il a connu le succès très jeune, puisqu’il a remporté le prix de la critique en 1948. Sa distinction a été abondamment médiatisée. Pas sous forme d’interviews car il était peu bavard, mais il a été énormément photographié. Cette popularité précoce lui a attiré les railleries des critiques de l’époque, qui la jugeaient indécente. Bernard Buffet a souvent été la cible d’attaques extrêmement haineuses de leur part. Il a beaucoup souffert de la situation, mais cela ne l’a jamais empêché de produire. De toute façon, il n’était heureux que dans son atelier.
Justement, quelles sont les raisons qui, selon vous, expliquent la controverse née autour de Buffet ?
Avant tout, l’ensemble de son œuvre demeure méconnu. Aujourd’hui, certains critiques émettent encore des jugements superficiels sur son travail puisqu’ils n’en connaissent qu’une infime partie. A son époque, l’aspect subversif de ses productions dérangeait. De même en 1999, les circonstances de sa mort, qu’il a lui même mis en scène, ont fortement choqué. Rongé par la maladie de Parkinson, il a décidé de mettre fin à ses jours en se recouvrant la tête d’un sac en plastique noir sur lequel il avait pris soin d’apposer sa signature. Une sorte de dernière provocation, un autoportrait.
Vous intitulez votre biographie "Le Samouraï", étonnant pour la vie d’un peintre français ?
Bernard Buffet a toujours été une sorte d’idole au Japon. Ses peintures très populaires au sein de la culture asiatique, sont regroupées dans un musée près du mont Fuji-Yama. D’ailleurs peu de temps après sa mort, sa femme a obtenu l’autorisation du président Chirac pour disséminer ses cendres dans les jardins qui bordent le musée.
Propos recueillis par Willy LE DEVIN
Café littéraire "Lire et Dire" à la Galerie Dock Sud, vendredi 29 février à 18 h 30. Entrée libre. Tél 06 82 17 60 99.
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