20.01.2007
Percival Everett à l'Echappée Belle
Aujourd’hui, à la librairie L’Échappée belle, à 15 h 30, l’écrivain américain Percival Everett, vient présenter Blessés, son dernier livre paru chez Actes Sud. Diplômé de littérature et de philosophie auteur d’une douzaine d’ouvrages ce romancier a été découvert en France à travers Effacement, paru en 2004 chez Actes Sud. Avec Blessés, l’auteur transporte ses lecteurs dans le ranch de John Hunt, un noir qui a préféré s’éloigner des hommes pour se rapprocher de la nature.
La belle harmonie et les images de l’Ouest américain se dramatisent au fils du récit. L’écrivain montre que chez l’être humain la bêtise et la peur de la différence forment un duo de bien mauvais conseil. Sous la forme d’un thriller avec en toile de fond homophobie et racisme, Percival Everett égratigne le mythe américain.
Malgré l’aspect tragique le récit mêle histoire d’amour, dressage des chevaux est un humour subtil. Percival Everett, sera accompagné de sa traductrice Anne-Laure Tissut, afin de débattre avec ses lecteurs.
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13.01.2007
Les librairies sétoises tournent à pleins volumes
Marier livre et vin, miser sur le conseil personnalisé, faire dédicacer des auteurs… Les trois grosses librairies sétoises rivalisent de dynamisme
Au Flo des Mots, librairie généraliste aux 9 000 références, quai Léopold-Suquet, Nabokov voisine avec Alexandre Jardin. Dans ses rayons, le Châblis Icaunais s’entend à merveille avec l’Alsacien Riesling. A deux pas, toujours dans une pièce voûtée les coussins moelleux de l’espace jeunesse, au fond du magasin, voisinent avec succès avec l’espace restauration. Cette librairie-resto-cave à vins est une idée originale bâtie aussi sur l’achat d’impulsion.
« On a comme clients les copains de 40 ans qui viennent tous les jeudis après-midi après la piscine ; la mamie avec son petit-fils ; la petite étudiante qui vient boire un chocolat chaud… » Et nombreux sont ceux qui se paient une tranche de lecture un recueil de nouvelles, un roman… Une image inhabituelle dotée d’un bouche à oreille efficace après seulement trois mois d’ouverture - y compris le dimanche.
« J’ai réalisé la librairie de mes rêves », dit Katia Panier, 37 ans qui a roulé sa bosse (Beauvais, Paris, Lyon, chez Decitre). Comme son associée, Marie Du Puy Baudet, caviste de 31 ans. Pourquoi les librairies sétoises sont florissantes ? Et la crise dénoncée par moult libraires français ? Malgré l’explosion de l’édition, des achats sur Internet et dans les grandes surfaces. « Oui, les gens achètent sur la Toile. Mais Internet n’a aucun charisme. Du coup, on achète aussi chez les libraires. Nous, nous offrons un vrai accueil, une écoute, des conseils, des services. On peut consulter abondamment nos ouvrages… » Sans parler du calme et de la sérénité des lieux. Et de l’émulation commerciale. « On a aussi eu la "chance" d’avoir un concurrent qui avait fermé peu de temps avant sur le quai de la Résistance. »
Aujourd’hui, trois gros passeurs d’histoires cohabitent. Se complètent, parfois. A tel point que l’idée de créer un Salon du Livre, peut-être accès sur la jeunesse et la BD, fait son chemin ! Comme le confirme Marie-Cécile Cristofoli qui a créé il y a deux ans l’Échappée Belle, rue Gambetta. Avec deux autres complices qui viennent de grands noms de la profession (l’Arbre du Voyageur à Paris, par exemple) la Sétoise Sophie Dulin et Julien Dubost, ils disposent de 17 000 références « plutôt généralistes et accès sur la littérature les sciences humaines et la BD. » Encore une fois, les gros rayons BD ont été prédominants dans leur « réussite » : les bambins, prescripteurs de belles histoires, ont amené leurs parents. « Il y a un potentiel à Sète. On a des clients qui viennent de Frontignan, Mèze et même Gruissan ! Et on n’a pas fait d’études de marché mais une étude de bon… sens. Nous avons voulu faire de ce lieu un espace différent. On se démène pour faire venir des auteurs, comme prochainement l’américain Percival Everett.
Les Sétois ne sont pas des incultes, bien au contraire ! » La concurrence de la Fnac ou de Sauramps, à Montpellier ? Aucune crainte. « Du conseil, du conseil, on ne fait que ça ! », rit Marie-Cécile Cristofoli. Quant aux Cassandre qui évoquent à l’envi l’arrivée le roman numérique qui doit ringardiser le livre, « on en parle depuis 10 ans… En tout cas, les gens sont attachés à l’objet », rappelle Julien Dubost. Pour autant, cette nouvelle génération de libraires ne s’endort pas sur ses lauriers. « Nous avons en projet d’ouvrir une nouvelle salle dédiée aux beaux arts. » L’idée serait aussi le l’ouvrir à des peintres, par exemple. Durant un temps donné, chaque artiste en serait le "rédacteur en chef" recommandant ses livres coups de cœur tout en exposant ses œuvres. De la belle ouvrage.
Olivier SCHLAMA
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L'historique Nouvelle Librairie sétoise
Longtemps, elle a été la seule librairie indépendante (mais qui fait partie d’un réseau Libelr), à Sète. Trop peut-être.
Rue Alsace-Lorraine, La Nouvelle Librairie sétoise l’est, nouvelle, « depuis 27 ans tout juste », confie Noëlle Isch, patronne des lieux avec son mari Jean-Mathieu. « J’avais 28 ans quand on a ouvert. C’était au-dessus de la place Aristide-Briand. Les trois-quarts des clients me tutoient maintenant… », sourit-elle. Elle l’affirme : « Les Sétois ont un très bon niveau de lecture. Et contrairement à ce qu’on m’avait dit, tout ne se passe pas à Montpellier.»
La Nouvelle librairie Sétoise propose quelque 22 000 références. « La première chose qu’on nous a dite, c’est que l’on n'y arriverait pas. Que tout le monde allait à Montpellier. Or, à peine installés on a réussi toutes nos prévisions. » L’une des forces de la librairie, c’est sa connaissance pointue des catalogues et des collections.
« Quand un client s’intéresse à la Chrétienté par exemple, on pense à ce thème dans les préchoix que nous effectuons.» Et, aujourd’hui, « on a des Montpelliérains comme clients !»
Son travail, elle le voit comme un filtre : « On est vraiment au carrefour de la production et de ce que les lecteurs attendent. On ne s’en tient pas à vendre le Top 20 de l’Express. On retient des choses plus pointues que les gens ne trouvent nulle part. »
La Nouvelle Librairie Sétoise va rafraîchir ses locaux. Et son image. « Dès le mois de mars, nous allons faire des travaux. D’abord, mettre en valeur l’escalier qui actuellement ne donne pas envie de monter à la mezzanine qui sert aujourd’hui de salle d’exposition. » Cette mezzanine accueillera des rayons de livres d’art tandis que dans la boutique, tout ce qui a trait aux voyages sera rassemblé dans un seul secteur.
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