29.02.2008

Pourquoi la nouvelle ligne vers l'Algérie tangue

« Nous allons adapter la desserte au trafic », dit la SNCM à propos de la ligne, déficitaire


Affaire sensible, période sensible. Il s’agit rien de moins que d’un possible échec de la ligne Sète-Algérie, financée par le géant Véolia, via sa filiale SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée), et pressentie pour participer à la future SEM qui gérera demain le port de Sète. Et de voir l’espoir, une nouvelle fois envolé, d’un nouveau trafic pérenne dans un port, déjà en crise.


Selon plusieurs sources concordantes, la ligne maritime Sète-Béjaia, Oran et Skikda, qui n’a débuté que le 13 septembre dernier, est en sursis. Déjà. Certains proches du dossier affirment que, faute d’avoir trouvé son public et l’équilibre financier, la ligne s’arrêtera après les municipales. Et que le Corse - d’où 100 000 € avaient disparu d’un coffre le 14 février - n’accostera plus à Sète.


« Faux ! » claque-t-on à la direction de la communication de la SNCM. Où chaque mot est subtilement soupesé : « Nous restons et nous tenons à Sète pour diverses raisons. Quel intérêt aurions-nous à supprimer cette ligne ? » Quel intérêt a Véolia de la garder si elle perd de l’argent ? « Nous allons, c’est vrai, adapter la desserte aux trafics », rajoute-on à la SNCM. Nébuleux. Et d’ajouter sibyllin : « Dans trois ou quatre semaines, nous vous tiendrons au courant des évolutions. Tout ceci n’a rien à voir avec les municipales. » La ligne se résumera-t-elle à une rotation tous les quinze jours, au lieu de trois fois par semaine ? Mystère.


En tout cas, mercredi et hier, le site internet de la SNCM ne permettait plus de faire aucune réservation. Pire, Sète n’y apparaissait plus comme ville de départ dès après le 25 mars… Sauf - curiosité - pour deux allers Sète-Alger.
Contactés, les responsables syndicaux maison, le STC et la CGT, étaient injoignables, hier.


Tout le monde espérait, au lancement de cette ligne régulière, que le « fret démarre quand les opérateurs verront le bateau revenir. Tout est basé sur la confiance » d'une ligne, vitrine d'un possible trafic mixte fret-passagers. Un gros enjeu pour Sète qui verrait ainsi s'amorcer une autoroute de la mer. Sauf que le frêt n’a jamais vraiment rempli le bateau comme escompté. Il a été sous-traité à la société spécialisée 3 C Fret et à la direction de la SNCM on refuse de confirmer ou d’infirmer si le contrat sera toujours valable au-delà du 31 mars…


« Tout cloche depuis le départ », dit un proche du dossier. « On a lancé la ligne rapidement, sans campagne marketing, avec un bateau nommé Le Corse que l’on annonçait provisoire et qui ne l’est pas. Tellement rapidement que le feu vert de la direction de la SNCM, à Marseille, avait été donné le 23 juillet, juste le temps de créer un espace hors Schengen, avec postes de douanes, de police en préfabriqués, de parkings délimités, zones de contrôle de fret et passagers, WC chimiques. » Un exploit.


La Région travaille déjà à d’autres projets, comme une nouvelle ligne sur le… Maroc.


Olivier SCHLAMA

08.02.2008

Un navire libérien retenu cinq jours pour une voie d'eau

Le Kasco a pu repartir mercredi soir vers la Tunisie pour y livrer une cargaison d’huile alimentaire


Fraîchement repeint, le Kasco a passé cinq jours à "tenir" le quai I dans le port de commerce de Sète, derrière le silo.
Ses amarres croisaient celles d’un célèbre bateau poubelle, l’Edoil, à quai depuis des années. Le Kasco n’est pas une poubelle. Mieux, si l’on n’a pas l’œil aiguisé, on pourrait croire qu’il est sorti d’un chantier naval il y a une paire d’années. En fait, le cargo a été récemment refait, en Chine, paraît-il. On en a même profité pour le doter d’une double coque. Pour davantage de sécurité. Un proche du dossier se risque même à dire qu’il est « en bon état. En visitant les cabines, les toilettes, la cuisine, les douches, il n’y avait rien de choquant. Et l’équipage ne semblait pas stressé… »
Tout commence samedi dernier. Des matelots se plaignent aux autorités de tutelle : il y a une voie d’eau à bord et, peut-être, deux autres. L’équipage aurait même la trouille de repartir.


Alertées, les Affaires maritimes, la gendarmerie maritime, l’agent et l’assureur sont "sur le pont". Agissant dans le cadre du mémorandum de Paris, ils constatent qu’il y a effectivement une voie d’eau. A bord, une trentaine de marins, à grande majorité philippins, tuent le temps en attendant de lever l’ancre.


Pour beaucoup d’observateurs, « cette affaire fait beaucoup de bruit pour rien. Le Kasko a été retenu pour pas grand-chose et ça ne l’empêchait guère de naviguer. » N’empêche, le Kasco, "chimiquier" transportant une belle cargaison d’huile destinée à la consommation humaine, est immédiatement retenu par le centre de sécurité des navires (CSN) de Sète. Jusqu’à mercredi soir. Soit cinq jours. Il s’agissait principalement de réparer une voie d’eau. Une fois la réparation faite, une sorte de coffrage, une société de classification habilitée est montée à bord mardi ainsi que les inspecteurs du CSN. Ses spécialistes ont donné le feu vert pour que le bateau-citerne puisse lever les amarres.


Du coup, le cargo, battant pavillon du Libéria et ayant pour armateur une compagnie grecque, Delphi SA, basée au Pirée, a pu reprendre sa route et aller livrer sa cargaison d’huile en Tunisie.


A n’en pas douter, il sera suivi de près. De très près.


Olivier SCHLAMA

22.01.2008

Port : La Région vient parler à ses nouveaux agents

Depuis le 1er janvier, 68 ex-personnels de la CCI sont dans le giron régional


« Descendez le micro, pour les réunions amicales, jamais de scène ! » Quelques jours avant d’adresser ses vœux à l’ensemble du personnel régional, Georges Frêche a tenu, hier, à venir partager la galette des rois avec les personnels du port de Sète passés depuis le 1er janvier sous pavillon régional.


Un moment convivial, « pour faire connaissance » a-t-il dit d’emblée, d’où sa demande expresse dès son entrée dans le hangar du quai E, où était dressé le goûter, de laisser tomber la scène et le pupitre prévus et d’installer chaises et micros, au beau milieu des personnels.


C’est que deux semaines après la mise à disposition des anciens agents du SMNLR à la Région et l’arrivée de 68 autres personnes qui relevaient jusqu’ici de la CCI, la Région avait besoin de rassurer. Le président du conseil régional devait également repréciser le cap à ses nouveaux agents un peu désorientés entre la récente constitution de l’établissement public portuaire et la prochaine création de la société d’économie mixte (Sem) portuaire d’ici 2009.


Du coup, Georges Frêche n’a pas fait le déplacement tout seul. Outre les élus régionaux Jean-Baptiste Giordano, vice-président, et Michèle Weil, le président de Région était également accompagné de tous les directeurs des services qui travaillent en liaison avec le port, et plus particulièrement de son directeur général des services Claude Cougnenc, du directeur général adjoint délégué aux ports Jean-Claude Festor et du tout nouveau Monsieur Port de Sète, Jean-Louis Berthet.


C’est ce dernier qui a pris la parole en premier. Il a notamment insisté sur « la date particulière pour le port de Sète que constitue la création de l’établissement public "France Ports Sud de France". » Il a par ailleurs rappelé « la volonté du nouvel actionnaire qu’est la Région de dynamiser le port ».


Pour sa part, Claude Cougnenc a tenté de dissiper les interrogations des différents personnels portuaires quant à leur avenir : « Nous sommes inscrits dans un processus long, une procédure complexe qui a commencé le 13 août 2004 et ne s’achèvera qu’en janvier 2011. » Et après avoir longuement détaillé ce dispositif, il s’est voulu rassurant : « Le port de Sète est au cœur des préoccupations et du processus stratégique développé par la Région autour de trois axes, l’égalité des chances ; la compétitivité, le développement économique et l’emploi ; et l’aménagement durable du territoire. »


Quant à Georges Frêche, il a balayé nombre de sujets. Après un mot pour chacune des personnalités qui l’entouraient et un appui particulier au nouveau directeur du port Jean-Louis Berthet : « C’est l’homme de la situation », le président de Région s’est longuement attardé sur « les changements importants qui vont se produire sur le port. »


Car Georges Frêche a clairement annoncé que la situation actuelle est « transitoire. J’ai autre chose à faire que de gérer un port », a-t-il précisé. D’où sa volonté d’aller vite, « dès septembre », pour déléguer la gestion « à des gens, j’espère que ce sera des armateurs car s’ils risquent leur argent pour faire marcher le port, ils y viendront pour le développer. »
Son objectif est, on s’en serait douté (lire ci-contre), très ambitieux. Georges Frêche a répété au personnel du port : « Vous allez faire partie d’une grande aventure. Je n’ai pas dit qu’on allait faire de Sète un Marseille. Je ne rêve pas. Mais je dis qu’on va faire de Sète un port que vous n’imaginez pas. Et dans 7 ou 8 ans, vous ne serez plus 60 mais 500. » Et pour parvenir à réaliser cet objectif, il a conclu : « Je vous demande beaucoup d’enthousiasme.


Jean-Pierre SOUCHE

30.10.2007

Economie : Le port est privé d'imports de fruits et légumes

Sète a perdu son agrément ministériel. La Région se bat pour le reconquérir.


Le port de Sète ne peut plus importer certains produits frais. Pas question de faire débarquer par exemple des bananes africaines, des dattes algériennes ni aucune plante exotique, graines, etc. En clair, pas de fruits et légumes, dont le trafic explose pourtant partout dans le monde. Ces produits sont un enjeu économique de diversification portuaire.


D’ailleurs, Bordeaux, Nantes, Rouen, Nice, Marseille, etc., se sont battus becs et ongles et ont finalement été, pour certains, réintégrés il y a six mois dans la liste très fermée des ports (ou aéroports) autorisés par l’État à commercer ces produits soumis à un contrôle phytosanitaire strict.


Le port de Sète a perdu son agrément pour ce genre de produits sans vraiment s’en apercevoir, la législation ayant été révisée. Tout simplement. Quant à le retrouver… Du coup, tout un pan de l’économie maritime échappe au port qui, pourtant, en aurait bien besoin. Ces flux commerciaux sont soumis à une réglementation draconienne. Au final, c’est le ministère de l’Agriculture qui délivre - ou pas - un agrément pour estampiller un port ou un aéroport "PEC" : Point d’entrée communautaire pour les fruits et légumes.


Faute de cet agrément et surtout des fonctionnaires qui vont avec, c’est un nouveau coup dur que doit affronter la place sétoise.


Jusqu’en 2002, Sète avait cet agrément ! Depuis, terminé. Est-ce par négligence, impéritie qu’il n’a pas été renouvelé ? On ne sait pas exactement. Peut-être parce que, justement, il n’y avait plus ce genre de trafic sur le port. En tout cas, le couac sera difficile à rattraper.


Du côté de la CCI de Sète, on confirme que des « demandes convergentes ont été envoyées au ministère » en « croisant les doigts ». Jean-Marc Guisti ne dit pas autre chose. Le chef d’escale du ferry le Corse, qui relie Sète à l’Algérie trois fois par semaine, affrété par la SNCM, est clair : « On se bat pour retrouver cet agrément qui est primordial pour nous. » Entendez : pour la survie de la ligne. « En un mois et quinze traversées, on a embarqué 38 000 passagers et deux mille voitures. Les prévisions sont respectées. Mais pas pour le fret, dont le trafic est, pour l’instant, décevant… »


Or, le fret était l’une des raisons d’être de cette ligne. « On est optimiste. On sait qu’il y a des marchés à capter, notamment dans la tomate et la datte algériennes. Tout passe actuellement par Port- Vendres. Avec la Région, on est sur le pied de guerre. Il faut faire vite : la "campagne" de fruits et légumes commence en décembre… »


« On se bat avec l’Etat pour remettre en place ce service. Il y a eu des échanges de courriers depuis quatre mois. Cette question, primordiale, a été l’un des sujets à l’ordre du jour entre Georges Frêche et le nouveau préfet, Cyrille Schott. Cela fait partie du développement du port de Sète. Le problème, c’est que si ce contrôle était appliqué, cela signifie, pour l’État, l’embauche de personnels, notamment de vétérinaires sur place. » Alors que le gouvernement annonce dans le même temps qu’il réduit le nombre de fonctionnaires partout… « On nous file le port sans les fonctionnaires qui vont avec », maugrée un acteur portuaire.


«Le président Frêche et les services sont très remontés sur la question, réaffirme-t-on à la Région. Le préfet s’est engagé à nous donner une réponse dans les plus brefs délais.»


Olivier SCHLAMA

22.09.2007

Ligne avec l'Algérie : les négociations ont abouti

Du fait d’un mouvement de grève des machinistes, la rotation de ce jeudi n’avait pu avoir lieu


Hier, les négociations entre le directeur de la flotte, le directeur des ressources humaines, et les marins du STC (Syndicat des travailleurs corse) se sont poursuivies toute la journée dans l’objectif de trouver une solution qui permette la reprise des rotations vers l’Algérie dans les meilleurs délais.


Car comme le rappelait hier Jean-Marc Guishi, chef d’escale de la SNCM à Sète, « la pérennité de la ligne n’est pas remise en cause ».


Et celui-ci de donner par la même occasion le déroulement de la journée de jeudi, côté SNCM, dont la direction n’avait pas réagi jusque-là.


« Jeudi, vers 8 h, le commandant m’a signalé une prise de parole au sein STC. De fait, dans l’impossibilité de garantir le départ, la décision a été prise de ne pas entamer les opérations de contrôle et d’embarquement.  Nous devions recevoir la visite d’un délégué STC, qui ne s’est pas présenté. Les négociations ont donc débuté entre le directeur de flotte, notre DHR et les marins STC. »


Côté "réconfort des passagers", Jean-Marc Guishi explique avoir fait distribuer jeudi « packs d’eau et nourriture », puis avoir fait mettre « les enfants à l’abri dans les préfabriqués climatisés ».


Des passagers qui « à 17 h, ont été indemnisés sur la base de deux jours pour qu’ils puissent embarquer à Marseille ».
Peu de nouveau de ce côté là, donc.


Hier après-midi, les négociations piétinaient encore. En revanche, la direction de la SNCM communiquait, hier soir, qu’elles avaient finalement abouti.


Un accord aurait donc été conclu avec les machinistes syndiqués STC. Il devrait permettre qu’une nouvelle rotation du "Corse" vers l’Algérie soit possible dès aujourd’hui.


Patrice CASTAN

Ligne avec l'Algérie : les négociations ont abouti

Du fait d’un mouvement de grève des machinistes, la rotation de ce jeudi n’avait pu avoir lieu


Hier, les négociations entre le directeur de la flotte, le directeur des ressources humaines, et les marins du STC (Syndicat des travailleurs corse) se sont poursuivies toute la journée dans l’objectif de trouver une solution qui permette la reprise des rotations vers l’Algérie dans les meilleurs délais.


Car comme le rappelait hier Jean-Marc Guishi, chef d’escale de la SNCM à Sète, « la pérennité de la ligne n’est pas remise en cause ».


Et celui-ci de donner par la même occasion le déroulement de la journée de jeudi, côté SNCM, dont la direction n’avait pas réagi jusque-là.


« Jeudi, vers 8 h, le commandant m’a signalé une prise de parole au sein STC. De fait, dans l’impossibilité de garantir le départ, la décision a été prise de ne pas entamer les opérations de contrôle et d’embarquement.  Nous devions recevoir la visite d’un délégué STC, qui ne s’est pas présenté. Les négociations ont donc débuté entre le directeur de flotte, notre DHR et les marins STC. »


Côté "réconfort des passagers", Jean-Marc Guishi explique avoir fait distribuer jeudi « packs d’eau et nourriture », puis avoir fait mettre « les enfants à l’abri dans les préfabriqués climatisés ».


Des passagers qui « à 17 h, ont été indemnisés sur la base de deux jours pour qu’ils puissent embarquer à Marseille ».
Peu de nouveau de ce côté là, donc.


Hier après-midi, les négociations piétinaient encore. En revanche, la direction de la SNCM communiquait, hier soir, qu’elles avaient finalement abouti.


Un accord aurait donc été conclu avec les machinistes syndiqués STC. Il devrait permettre qu’une nouvelle rotation du "Corse" vers l’Algérie soit possible dès aujourd’hui.


Patrice CASTAN

21.09.2007

Port : Le ferry pour l'Algérie est resté bloqué à quai, hier

La première rotation du "Corse", navire de la SNCM, avait eu lieu le 13 septembre


Pierre L’Huillier, le capitaine du Corse (145 m de long, rénové pour 3 M€ à Gênes cet été) ne pensait pas si bien dire, jeudi dernier, en affirmant que « lancer une nouvelle ligne, c’est un grand défi ».


Hier, le ferry de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), après seulement trois rotations vers l’Algérie (Skikda, Béjaïa et Oran), est en effet resté à quai, du fait d’une grève émanant du Syndicat des travailleurs corses (STC). Celui-ci dénonçant, outre la suppression entrevue d’un poste dans la salle des machines, une forte distorsion des rémunérations forfaitaires accordées aux différentes catégories de personnel embarqué.

Un STC bien connu pour sa détermination dont deux délégués, Albert Camarota et Christophe Versini, ont rejoint Sète hier après-midi pour des discussions que l’on imagine assez tendues avec le directeur de flotte de la SNCM.


Contacté hier, Félix Da Grégorio, un responsable bastiais du syndicat, brosse un tableau peu réjouissant des conditions de travail à bord de ce vieux ferry de la SNCM - fabriqué en 1980 -, et notamment en salle des machines : « Sur ce type de navire, ancien, il y a beaucoup de travail côté mécanique, de pièces à changer. Et la direction vient justement de décider de supprimer un des deux postes de "nettoyeurs" – les hommes à tout faire de la salle des machines, Ndlr -, déplore le syndicaliste. C’est une aberration vu la vétusté du ferry. Nos revendications portent aussi sur les forfaits journaliers, qui présentent de forts contrastes : ils sont trois fois moins élevés en salle des machines que sur les ponts (de 12 à 35 € environ). C’est l’une des raisons pour lesquelles le bateau est resté à quai hier. A mon avis, il risque d’y rester longtemps… »


Sur Le Corse, comme sur nombre de navires de cette catégorie, les neuf hommes qui travaillent en salle des machines ont aussi pour mission de régler les problèmes de "petit entretien" : plomberie, serrurerie, bricolage, électricité… « Et sur un tel bateau, ce n’est pas une mince affaire. Je vous assure que les mécaniciens ne dorment pas », assure Félix Da Grégorio.


Qui poursuit : « Pour la SNCM, et donc Véolia, ce serait une histoire de 100 € de plus par jour. Pas plus. Et ils assurent que si nous ne cédons pas, ils fermeront la ligne. Eh bien, qu’ils la ferment. Car nous, quand on y va, on y va… »


Hier au soir, la direction de la SNCM, contactée, n’avait pas encore réagi à ce coup de force du STC.


Du côté du port de Sète, on envisageait à la même heure que le bateau puisse appareiller samedi. Dire que l’ouverture de cette ligne était aussi censée désengorger le port de Marseille… A suivre, donc.


Patrice CASTAN

07.08.2007

Port : "Pour signer, la CCI a jusqu'au mois d'octobre"

Jean-Baptiste Giordano est vice-président de la Région, délégué aux ports


Comment réagissez
-vous à la situation de blocage actuel, entre la CCI et la Région, sur la future gouvernance du port de Sète ?
J’ai bien lu les différentes interventions dans Midi Libre depuis une semaine. Je dois dire d’abord que François Commeinhes me paraît assez gêné dans cette affaire.
Je pense que l’amitié, voire la complaisance qu’il entretient avec le président de la CCI, ne lui permet pas d’avoir une approche objective.
Dans le cadre de ses fonctions de maire et de président de l’agglo, il a oublié qu’il avait en charge le développement économique et, à ce titre, que le port fait partie intégrante de notre économie locale.


Mais la CCI n’a-t-elle pas raison de refuser de participer si elle n’a pas son mot à dire ?
J’ai été choqué par les propos du président de la CCI. Est-ce qu’il accepterait, dans sa propre entreprise, qu’un salarié sans le sou puisse détenir 33 % de sa société ?
Michel Mateu nous demande de payer pour qu’il puisse tirer profit de la tirelire. Au jour d’aujourd’hui, la CCI est en incapacité de paiement. La preuve : elle n’arrive pas à poser la première pierre du futur pôle passagers dont elle a la maîtrise d’ouvrage et, depuis 2001, le trafic du port a baissé de près d’1 million de tonnes.


Pourquoi la Région tient-elle tant à cette société portuaire ?
Nous pensons aux salariés de la CCI.
Si la CCI n’est plus dans le coup, elle perdra l’essentiel de ses recettes et ne pourra plus subvenir à l’avenir de ses 106 salariés. Sur le port, tous m’ont fait part de leur inquiétude. Regardez ce port : il y a un matériel obsolète. Le souci de la Région est d’investir ensemble avec la CCI, et rapidement, dans l’outillage et les infrastructures. Mais la clé de la réalisation de la société portuaire est dans la volonté du président de la CCI. Or, jusqu’ici, il a plutôt pris la voie juridique. Il décortique les lignes du protocole de la Région alors qu’il est en incapacité financière.
Aucune provision n’a été faite pour renouveler le matériel portuaire. Où est la stratégie de la CCI sur ce port ? Songez que la Région a fait voter une subvention pour le rachat d’un portique à conteneurs et que, jusqu’ici, la CCI n’a pas donné de suite.


Est-il question d’un délai supplémentaire accordé à la CCI pour revenir à de meilleurs sentiments ?
Sans la CCI, la société portuaire ne se fera pas et il est vrai que nous avons encore le temps de discuter avec son président. S’il le souhaite, la CCI aura toujours sa place mais aux conditions fixées par la Région. On peut se donner encore quelques semaines. Mais nous n’avons pas peur de l’échec de la société portuaire.
Nous avons également ouvert une autre voie car nous avons une très grande ambition pour ce port qui doit sortir du fonctionnement actuel.


Quel est le nouveau calendrier de la Région ?
Nous n’attendrons pas éternellement. Il faut signer rapidement pour, ensuite, faire entrer des armateurs. Si, au mois d’octobre, nous n’avons pas signé avec la CCI, nous partirons sur une autre organisation à laquelle nous réfléchissons, probablement avec un établissement public gestionnaire du port.


Jean-Pierre SOUCHE

02.08.2007

Port : Mateu veut 33% de la société et deux concessions

Michel Mateu, président de la CCI Sète-Frontignan-Mèze


Pourquoi les choses bloquent-elles avec la Région ?


Je tiens à préciser que l’idée de la société portuaire est venue de la CCI de Sète. Au départ, la Région s’y est opposée. Par ailleurs, la CCI a rencontré Jean-Claude Festor (Ndlr, directeur général adjoint de la Région en charge de l'aménagement du territoire) qui est quelqu’un de professionnel et d’intègre. Quand un protocole d’accord a été proposé par la Région, je ne l’ai pas accepté parce qu’il était en dehors des clous au niveau de la loi et j’ai fait une contre-proposition à Georges Frêche.

Une contre-proposition que Georges Frêche juge inacceptable…


Je ne vois pas pour quelles raisons il dit ça. Dans le cadre d’une société portuaire, je souhaite conserver le pôle passager Maroc, Tunisie, Algérie. Je ne veux pas signer avec M. Frêche et Costa un super méga-truc. Je veux conserver ce qui a été mis en route depuis deux ans, grâce au travail qui a été accompli. Pour faire partie de la société portuaire, il faut avoir des ressources. Si je n’ai pas de ressources, si la Chambre de commerce n’a plus vocation à avoir des concessions à gérer, je vois par pourquoi la CCI entrerait dans une société portuaire. Pour regarder les autres faire ? Et payer ? Dans ce cas, je dis non. Pour payer, il faut avoir des revenus. Et pour avoir des revenus, j’ai souhaité conserver deux concessions : les passagers et la plaisance.


Pour quelles raisons ?


Quand nous sommes arrivés il y avait 130 000 passagers. Nous en sommes actuellement à 260 000 et nous pouvons monter à 600 000. Quant à la concession plaisance, là aussi j’ai des projets. Et Georges Frêche a également un dossier sur ce sujet. Avec ces deux concessions, je peux entrer dans une société portuaire puisque, de fait, j’ai les moyens de pouvoir financer.


Vous laisseriez à la Région la partie commerce…


Et toute la partie pêche. Je ne demande rien. Je demande juste deux sous-concessions minuscules. Le container, le vrac, les gros chantiers du port, je les laisse à la Région. Je n’ai pas changé d’avis depuis que j’ai rencontré M. Frêche.
Seriez-vous prêt à accepter de n’avoir que 10 % des parts et 90 % à la Région si elle vous octroie les sous-concessions ?
Non, là non plus je ne suis pas d’accord. Quand vous êtes coactionnaire à 10 % dans une entreprise, vous payez et vous la fermez. Alors qu’à 33 %, vous avez ce qu’on appelle une minorité de blocage. Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez réagir.


Donc vous voulez 33 % ?
Ce serait un minimum. Sinon qu’il fasse cette société, mais sans moi. Je ne suis pas jaloux. C’est que j’ai dit à M. Frêche. Cela veut dire que fin décembre, début janvier 2008, la Région reprend tout et je regarde faire.


Ce n’est pas un peu dommage ?

 Vous pensez que c’est mieux d’être dans une société portuaire, assis à la droite ou à la gauche de Tartempion et de ne pas pouvoir dire ce que l’on pense. A 10 %, vous n’avez rien. Par contre, s’il y a un quai qui s’effondre, il faudra payer 10 %. Et je vais payer avec quoi si je n’ai pas de revenus ? J’estime aussi que la CCI, qui est impliquée dans la zone portuaire depuis plus de 100 ans, peut exprimer son ressenti. Je fais cela dans un but constructif. Si ce n’est pas accepté, les élus bénévoles rentreront dans leurs entreprises qui marchent très bien.


Aujourd’hui, c’est statu quo ?


Tout à fait. Je le répète, si la Région est d’accord, on avance. Sinon, nous ne sommes pas jaloux, ils prennent tout.

François CHARCELLAY

Port : "Je n'ai pas de temps à perdre avec M. Mateu"

Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon


Où en la reprise par la Région du port de Sète et des négociations avec la CCI ?


Le 1er juillet 2007, nous avons communiqué à M. Mateu, président de la CCI, un protocole de partenariat qui s’inscrivait dans un calendrier très strict. Ce processus déclinait les conditions et phases nécessaires pour parvenir, d’ici novembre 2008, à la création d’une société portuaire détentrice d’une délégation de service public d’une durée de 40 ans pour gérer le port. Et autoriser, à partir de janvier 2009, l’entrée de tiers privés dans le capital de la société portuaire.

Qu’en est-il exactement ?

La première phase devait s’achever le 31 juillet, par la signature d’un protocole d’accord créateur de droits et d’obligations entre la Région et la CCI. Avec, en parallèle, une promesse irrévocable de cession de parts au profit de la Région. L’équivalent à la mise en œuvre d’un véritable pacte d’actionnaire. Malgré des relances et de démarches tous azimuts, j’ai ressenti que le président de la CCI n’était pas dans une posture très positive. Je tiens d’ailleurs à remercier M. Commeinhes pour ses interventions auprès du président Mateu. Face à cette situation, lors de la session du conseil régional du 19 juillet, j’ai inscrit une délibération m’autorisant à envisager toutes autres solutions juridiques me permettant de gérer seul le port dès le 1er janvier 2008, à la fin de la concession de la CCI.
Dans l’hypothèse aujourd’hui probable d’un échec des négociations, ces solutions n’avaient pas mes faveurs, parce qu’elles auront un coût social et parce qu’elles entraîneront rapidement la disparition de la CCI.


Pourquoi les négociations avec la CCI sont-elles si délicates ?


Les négociations ont lieu. Mais elles sont difficiles pour des raisons que j’ai du mal à m’expliquer. La Région a exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir la CCI de Sète, acteur local économique, intégrée dans la nouvelle structure juridique d’une société portuaire. Depuis le 1er juillet, la Région a sollicité plusieurs réunions ou contacts avec la CCI et son président. Devant la fuite permanente de M. Mateu, nous en avons appelé à M. Commeinhes. Finalement, le 16 juillet, avec M. Mateu, M. Commeinhes et M. Cougnenc, directeur général des services de la Région, nous avons obtenu une réunion. Nous avions adressé un projet de protocole d’accord montrant la volonté de la Région de négocier. En réponse, le président Mateu nous adresse une analyse juridique inadaptée et inconséquente. Je considère que c’est une mesure dilatoire qui joue contre la CCI de Sète, contre le port de Sète et contre la ville de Sète. Je n’ai pas de temps à perdre. Les emplois, l’activité économique n’attendent pas le bon vouloir de M.Mateu. Le train avance et ceux qui refusent de monter aujourd’hui ne feront pas le voyage avec la Région.


Selon vous, la CCI n’a plus les moyens de gérer la concession portuaire. Pourquoi ?


La CCI de Sète a un budget de 16 M€ dont 13 M€ proviennent de la gestion des trois concessions : commerce, pêche et plaisance. Les résultats générés sont insuffisants au regard du chiffre d’affaires et des investissements nécessaires pour remettre à niveau les installations portuaires et développer l’activité économique du port. Au cas où la CCI n’adhérerait pas à l’hypothèse de la société portuaire envisagée par la Région, elle ne pourrait plus, faute de remplir les critères nécessaires, continuer à exister, en qualité de chambre consulaire avec un budget réduit à 3M€.

François CHARCELLAY

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