11.04.2008
Mosquée : La construction doit reprendre dans une semaine
Le chantier est arrêté depuis 4 mois pour des problèmes techniques
La mosquée verra le jour. C’est la certitude des promoteurs de ce projet, un « rêve pour les musulmans de Sète », selon le mot de Hassan Bélamine, vice-consul du Maroc, à Montpellier, le 19 décembre 2007. Ce jour-là, c’était l’Aïd. Des engins de chantier, des micro-pieux… Parallèlement à la livraison des agneaux, la construction de la mosquée, place Marius-Bonneton, à l'Ile de Thau, avait commencé. Quatre mois plus tard, alors que les esquisses du projet en 3 D ont été présentées, le premier parpaing n’a pas encore été posé.
« Dimanche, nous avons eu une réunion avec l’architecte, Fatima Azouli, explique Ahmed el Goudan, président de l’Acems (Association cultuelle et éducative des musulmans de Sète). Nous allons démarrer dans les prochains jours, sans doute la semaine prochaine. On a d’abord eu des problèmes techniques. On a dû avoir recours à la technique des micro-pieux à cause du sous-sol fait de remblais et sous lesquels il y a de l’eau. Cette semaine, on doit sélectionner les artisans pour démarrer les travaux dans les prochains jours, certainement la semaine prochaine. Mais je peux vous dire, contrairement aux rumeurs, que personne n’est parti avec la caisse. Notre projet est très sérieux ; ça ne se fait plus à l’ancienne. On a réuni suffisament d’argent pour pouvoir démarrer les travaux. Certains fidèles ont fait leurs promesses de dons mais attendent, c’est vrai, que ça démarre vraiment. Mais ça ira. »
« Le chantier prendra un an minimum, déclare à son tour l’architecte, Fatima Azouli. Ça s’est un peu affaissé ; du coup, il a fallu changer de technique et poser un dallage spécial à semelles filantes plus longrines. Ensuite, il y a eu du retard avec les plans de l’ingénieur béton, etc. De plus, j’ai a eu un décès dans ma famille et un accident de voiture. Malgré tout cela, j’ai pu venir à la réunion de chantier avec une attelle à la cheville. Le coût, évidemment, sera sans doute supérieur aux 200 000 € que l’on avait calculés rien que pour le gros œuvre. » Les polémiques autour de ce lieu de culte avaient été vives en 2006, ce qui avait abouti à une réunion, le 10 janvier 2007, entre une quinzaine de représentants de structures et d'associations. Ils avaient débattu de l'opportunité géographique d'un tel projet qui, à l'origine, ne devait pas se construire place Marius-Bonneton. Quant au financement, « il est uniquement réalisé par des dons de fidèles, de l'Ile de Thau et de l'extérieur de Sète, avait précisé Ahmed El Goudan, président de l'Acems. Il n'y aura aucune aide municipale. Ni d'argent provenant de pays extracommunautaires. »
Olivier SCHLAMA
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11.01.2007
Mosquée : Quand l'Ile de Thau vient débattre en mairie
Mardi, le maire a invité une quinzaine de représentants de structures et d’associations pour évoquer le projet
Divisés sur la mosquée, une quinzaine de militants représentant structures et associations de l’île de Thau étaient réunis en mairie mardi après-midi. A l’invitation du maire qui a déjà déclassé une parcelle communale mais qui n’est toujours pas vendue. Ils ont pu exprimer, deux heures durant, leur avis sur la future mosquée de « proximité », comme l’a défini un participant. Salle Plantevin, il y avait aussi des élus, chefs de service, le commissaire Dewas… Invité, François Liberti, lui, était absent. Le dialogue a pu s’instaurer « de façon libre et respectueuse », comme souhaité par le maire en préambule qui avait rappelé que la construction d’une mosquée est un « projet privé et c’est un déplacement d’un lieu existant ». Tous sont d’accord sur cette construction. Pas sur son implantation prévue place Marius-Bonneton à côté de l’église et de la maison de quartier.
Président de l’association cultuelle et éducative des musulmans, Ahmed El Goudan a rappelé que le projet avait « une utilité importante. On essaie de sortir du quartier. Rien n’est pire pour l’opinion publique que de voir un fidèle passer de porche en porche. On se demande forcément ce qu’il fait. » L’incontournable Jean-Claude Reilles, président du comité de quartier, a pour l’énième fois, réclamé « une meilleure implantation » pour la mosquée. « Je suis sûr et certain que vous ne ferez pas de mosquée à la Corniche ou à Villeroy. Celle-là se fera », a-t-il ironisé. « Mettre tout le monde - catholiques et musulmans - sur le même plan est une bonne chose », a défendu le maire. Ne comprenant pas pourquoi le projet ne peut pas se faire rue des Fauvettes, en dehors de l’île de Thau, là où l’association avait acquis un terrain, il a demandé : « Et pourquoi pas à la base nautique ? » Le maire a réexpliqué qu’il n’y avait pas assez de places de stationnement. « Et nous avons un projet de Halle des sports à la base nautique. Rue des Fauvettes, ça tombe bien : le terrain sera racheté par l’office HLM pour y construire des logements. Nous allons faire 100 logements sociaux jusqu’en 2015. Et on étudie le moindre confetti pour cela. »
Présidente de la maison de quartier, Julie Stanzione est pour le projet dans la mesure « où sera conservée l’aire de jeux ». Le maire a repris la parole pour dire, revue de presse de 1995 en main : « On est retourné 11 ans en arrière à l’époque où le même débat avait lieu à propos de la construction de la maison de loisir et où il avait fallu les CRS pour protéger les ouvriers du chantier. » Et d’ajouter : « Que ce soit sur ce terrain ou ailleurs, ils la feront cette mosquée. Le rôle de la Ville est de trouver le plus adapté. » Louis Herredia (église évangéliste tsigane) s’est dit contre : « Notre église sera davantage cachée. Il y a aussi le problème du stationnement. » Le maire : « 85 % des pratiquants s’y rendront à pied. Ce sera une mosquée de 350 personnes maximum. »
Le représentant de l’association Unicité, Adil Chaad, s’est dit « Fier d’être français, fier d’être sétois, fier d’être musulman. L’Islam est la 2e religion française. Nous n’avons aucun problème qu’il y ait une église. » Il a dénoncé « le fait de s’opposer à ce projet avec des prétextes fallacieux » et une « scène de combat pour partis politiques. Il faut arrêter de fantasmer sur l’islamisme ». L’architecte du projet, Fatima Saber-Azzouli s’est étonnée d’une telle opposition. « A Béziers, ça s’est très bien passé. » « La mosquée n’a pas été construite à la Devèze », a fait remarquer un opposant.
Olivier SCHLAMA
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